Désormais on peut faire parler n’importe qui. De n’importe quoi. Tu me diras que rien ne change. Certes. Mais cette fois c’est grâce à l’IA et ça donne des ailes à certains créatifs qui cherchent à renouveler le discours des marques. Récemment, j’ai réussi à faire parler une madeleine non proustienne, et franchement, son vocabulaire et sa diction m’en semblé très corrects. Alors pourquoi pas une betterave ?
C’est le choix audacieux d’une collective sucrière française, qui nous rappelle ici l’importance de cette racine dans notre alimentation, et surtout votre gourmandise. Alors elle se lève de son lit, se regarde ans le miroir et telle la sorcière dans Blanche Neige, s’imagine en gâteau d’anniversaire ou en macaron. Elle rêve et nous aussi. Pourquoi pas ?
Est-ce suffisant pour nous rappeler d’acheter du sucre et de jouer à qui veut être le meilleur pâtissier ? On peut en discuter.
Que dit l’agence Glory, créatrice de cette jolie betterave ? « Un choix créatif qui répond directement aux nouveaux enjeux des marques : désirabilité, pédagogie et transparence« . Dont acte.
Incarner la marque « Cultures Sucre » et la beauté. Un rêve rendu possible par la baguette magique de la fée IA. Bravo !
voir le film : https://youtu.be/cfjvJUVM8K4?si=eOTJyvk2TlUym1KA
Alors se pose la question de nouvelles frontières pour la créativité. Puisque nous pouvons créer en quelques prompts de nouveaux personnages, faut-il vraiment le faire et les faire parler comme des humains ? Devons-nous pour faire passer un message, employer des techniques qui flirtent avec l’artificiel pur et transforment un légume en ambassadeur de notre gourmandise naturelle ?
Je t’interroge, cher.e lecteur.trice, parce qu’il me semble que nous serons bientôt envahis d’images faussement naturelles et que nous risquons d’y perdre nos repères. Pas avec une betterave ou une madeleine et pas tout de suite. Mais pensons une seconde aux futures générations captivées par des fables de moins en moins humaines. Leur raconteras-tu la fable de la Betterave et du Macaron ?
Pourquoi faudrait-il recourir à ce genre de personnage pour nous inciter, nous motiver à acheter quelque chose ?
Je pense que les meilleurs messages sont encore ceux qu’un humain nous transmet. Je crois aussi et en parallèle au pouvoir de l’imagination et de la fiction pour nous emmener plus loin que la réalité. Le marketing doit sans doute mixer les deux formes de récits pour proposer une histoire de marque crédible et inspirante, mais aussi responsable. Qu’en penses-tu ?
Mangez des betteraves !

