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Interview émotionnelle d’été avec Loic Rideau et Bruno Perrone sur la tournée #eteFDJ 2014

Evidemment une tournée d’été comme celle de la FDJ, c’est un événement exceptionnel. 16 ans que la société qui nous fait gratter Illiko, a pris la route des plages de France pour aller à la rencontre des gens, des vrais gens !

Alors campagne de promotion, animation commerciale qui vient perturber le paisible vacancier pour le pousser à acheter des tickets de loterie, ou opération d’image et de notoriété ? Des clichés que bon nombre d’analyses marketing nous présenteraient chiffres et visuels entachés de logos à l’appui. Mais qu’en est-il vraiment ?

Farfadets

Lorsqu’on a la chance d’aller dans les coulisses de cette tournée, d’y voir travailler ensemble près de 160 personnes pour un spectacle quotidien débutant sur la plage dans l’après-midi et se terminant en toute fin de soirée par un rassemblement de 10 000 spectateurs (en moyenne, avec une pointe à 30 000 dans le Sud-Est), on est tout simplement impressionné.

Pas seulement par la qualité ou les moyens mis en œuvre, mais surtout par l’ambiance et les sourires permanents…

J’ai rencontré la semaine dernière, Bruno Perrone, responsable événementiel FDJ et Loïc Rideau directeur technique de la tournée, pour une double interview riche en émotions :

Patrice : "Comment est née cette tournée FDJ ?"

Bruno

Bruno : " Au départ, j’avais encore en tête les podiums Europe 1, un événement populaire autour de la chanson et qui allait à la rencontre du public dans un esprit de fête. On a ce souci à la FDJ de ne pas être en contact direct avec nos clients mais seulement via le réseau des détaillants. Alors on a proposé au président de l’époque, de créer une rencontre conviviale et bien sûr ludique, base de nos valeurs. Je dois dire qu’il a bien accueilli l’idée avec une réserve claire et qui est fondatrice de cette tournée : ne pas monter d’opération commerciale mais d’abord remercier nos clients et faire la fête avec eux. C’était vraiment ce qu’on voulait et cela n’a jamais été remis en question au sein de l’entreprise. La FDJ peut être vue de l’extérieure comme une grosse machine à brasser de l’argent, alors qu’en interne nous avons réellement cet esprit de fête. C’est cette envie de partager avec le public, d’être dans la générosité qui nous anime tous sur la tournée depuis 16 ans déjà !"

Patrice : " Comment sont venus vos partenaires et pour quel apport ?"

Bruno : " Au départ on a monté la tournée seuls. On avait négocié un budget et on a fait avec. Rapidement on s’est rendu compte que pour animer toute la journée (on démarre sur la plage en début d’après-midi et on emmène les gens jusqu’au spectacle du soir), il nous faudrait proposer plus d’activités. Enrichir le contenu a été la mission principale de nos partenaires. Ce n’était pas une priorité budgétaire. On attendait d’eux de l’implication sur place et de nouvelles animations. Par la suite, on a demandé une participation financière mais ce n’est pas crucial.  Historiquement la FDJ, via sa Fondation par exemple, est engagée dans le sport français. Aussi nous avons sollicité les Fédérations sportives pour nous accompagner sur les plages et proposer des démonstrations. Certaines en profitent aussi pour recruter et même détecter des talents comme le handball ou l’aviron cette année. On travaille sur les mêmes valeurs  : la rencontre conviviale et le plaisir ludique."

Patrice : "D’accord mais il y a aussi des partenaires plus "commerciaux" comme Lipton ou Yamaha…"

Bruno : "C’est exact. Pour eux la tournée d’été FDJ représente une très belle opportunité de contacter un large public dans les meilleures conditions. Lipton ou Lays font de l’échantillonage et Yamaha est associée toute la partie musicale et au spectacle du soir avec la troupe des Farfadets. Ces marques ont fait des études d’impact a posteriori, et elles reviennent chaque année. C’est donc qu’elles y trouvent leur compte !".

Patrice : "Et au niveau des partenaires locaux, des mairies, quelles sont vos relations ?"

Loic

Loïc : "On est toujours très bien accueilli, je dirai même qu’ils nous attendent ! On a développé une vraie complicité dans le travail et c’est le cas avec toutes les équipes impliquées. Les services techniques municipaux nous apportent de la main d’œuvre et quelques moyens aussi. On les a toujours intégré à notre équipe. Il n’y a pas un donneur d’ordre et un exécutant; il y a des gens qui bossent ensemble sur une énorme machine à produire du spectacle de haut niveau, en plein air, avec toute la sécurité et toute la maîtrise que cela implique. Tout est réglé au millimètre et à la seconde près, chaque jour."

Patrice : "Commet choisissez-vous les villes partenaires ?"

Loïc et Bruno : "D’abord il faut dire que certaines sont très fidèles ! On a créé de telles relations, on a fait la fête ensemble et c’est évident qu’on a plaisir à recommencer chaque été. C’est comme ça depuis le début de cette aventure humaine. D’ailleurs, Bruno et moi la vivons depuis 16 ans ! Bien sûr on regarde si on peut encore l’agrandir, en ajoutant une ou deux dates. Par exemple, on avait un vrai déficit en Bretagne et cette année on est allé chercher Brest. Et c’était une très belle première, qui va certainement se renouveler l’an prochain."

Patrice : "On sent bien cet état d’esprit alors que la tournée est devenue une grosse machine. Comment résumer ce succès ?"

Bruno : "Notre volonté c’est de faire plaisir aux gens. Offrir un spectacle, une journée gratuite mais de grande qualité. C’est tout de même la plus grosse tournée en France ! On rassemble des artistes, des pros de la production, du spectacle, des bénévoles et un public. On est tous content de voir les gens s’amuser, des gens heureux. Simplement. Que du bonheur !"

Patrice :"Merci à vous et merci pour eux !"

FDJ édition 2014

L’optimiste et l’imprévu

Regarder les interventions des TedX est toujours passionnant. Si ce n’est par le sujet qui est exposé en quelques minutes et la réflexion qu’il génère en nous, je suis à chaque fois admiratif de la capacité qu’ont les speakers à raconter une histoire, souvent personnelle, pour mieux nous toucher. C’est le pouvoir de l’anecdote. Humaine, nécessairement humble, l’anecdote est facile à partager. Elle se communique bien.

Pour illustrer la force émotionnelle de l’histoire vécue, nous pouvons nous référer à l’émergence des réseaux sociaux, de Snapchat à Twitter, Instagram ou Facebook. Penser que c’est à ces outils que nous devons l’envie de partager nos instants de vie ou nos rencontres, est une erreur. Nous le faisions avant. L’homme l’a toujours fait, les grottes de Lascaux en témoignent…

NIOanecdote

Mais pourquoi racontons-nous précisément telle anecdote à telle personne assise en face de nous ? Serait-ce pour lui faire comprendre qui nous sommes ? Pour lui montrer notre humanité ? Ou pour établir un lien avec ce que nous voudrions lui démontrer ?…

Je suis optimiste ! J’ai confiance en l’humain. J’ai confiance en l’autre. Quelle que soit la situation, je m’efforce d’être optimiste. Vision romantique… Ce qui m’interpelle parfois, c’est qu’on me le dise… Et vous ?

Devrai-je tenter de vous convaincre, chers lecteurs ?… Et si je vous racontais une anecdote ?…

Dimanche dernier, j’ai pris un TGV pour Pornichet. J’y suis arrivé vers 12h30 avec quelques minutes de retard, parce que des moutons avaient eu l’idée malicieuse de traverser les voies ! Avis aux râleurs, même à l’heure technologique de trains les plus rapides du monde, nos campagnes sont encore habitées par des moutons, qui n’ont aucun respect pour l’horaire. Imprévu !

La_Baule-Escoublac_gare_1

Arrivé à la gare de La Baule Escoubiac, je me demande si mon hôte a envoyé une voiture me chercher. Et pourquoi pas ? Constatant qu’il n’en est rien, je me dirige sans hâte vers la station de taxis. Deux d’entre eux sont déjà pris d’assaut, deux autres semblent encore disponibles. Mais comme j’approche de l’un d’eux, je me rends soudain à l’évidence : ils sont réservés et seront bientôt partis avec leurs clients prudents. Il n’y a plus de taxi !

Il faudra donc attendre qu’un confrère revienne, ce qui ne devrait pas tarder, m’affirme le dernier à quitter la gare. Alors que j’explique à une autre naufragée des taxis disparus que nous verrons bientôt les secours arriver, une dame assise sur un banc me regarde en rigolant… "Vous êtes optimiste, me dit-elle". Je lui réponds qu’il faut toujours être optimiste, et qu’attendre 10 minutes n’est rien de plus qu’un imprévu.

Une demie-heure plus tard, nous avons vu deux taxis revenir et nous expliquer qu’ils n’ont pas le temps de nous emmener vers Pornichet (à 7 kms), étant déjà réservés par d’autres clients prudents. La dame rit de nouveau de ma mésaventure et me dit : "je ne sais pas comment vous faites pour rester calme, à votre place j’aurai piqué une crise !"…

Pendant que je tente vainement de convaincre un taxi appelé sur son numéro de portable de nous rejoindre (je suis à l’aéroport de Nantes à une heure de Pornichet me dit-on), ma collègue d’infortune, apostrophe un monsieur qui passe intrigué et lui demande s’il ne pourrait pas nous dépanner par hasard ! Belle initiative, puisque le voilà qui nous propose de nous emmener avec sa voiture jusqu’à destination. Certes, il ne connait pas vraiment la route de Pornichet, il n’est pas taxi, mais après quelques minutes, nous descendons de sa voiture soulagés et souriants. Totalement imprévu !

Accepterait-il d’être payé pour la course ? Comment pourrions-nous le remercier ?  "Je suis heureux d’avoir pu vous aider, ma journée en sera plus belle", sera sa seule réponse. Imprévisible !

Voilà pourquoi je suis optimiste. Cette attitude me permet de rencontrer des gens formidables. Tous ne sont pas comme ça, me répondrez-vous… Sans doute. Mais tout le monde pourrait l’être. Aider les autres est à portée de chacun… Etre optimiste, c’est avoir envie de l’imprévu !

Mike_Tyson_4

Voilà pourquoi j’aime l’imprévu ! Puisque rien ne se passe jamais comme vous l’aviez prévu, il semble inutile de perdre votre temps à tout prévoir… Comme disait Mike Tyson à propos des stratégies pré-combat de ses adversaires : "ils ont tous un plan jusqu’à ce qu’ils prennent un direct dans les dents !"

Alors KO ?!…

Réflexion inspirée par l’article de Steve Blank in HBR n°4 -: "les business plan survivent rarement au premier contact avec les clients", et par mes rencontres de la semaine.

 

 

 

 

Conversations intelligentes ? et si nous parlions d’intelligence conversationnelle ?

Emmanuel et Didier sont assis autour d’une table où j’ai pris ma place à leur invitation. Ils veulent me questionner (me soumettre à la question comme on disait sous l’inquisition…), ils sont curieux de savoir comment on peut développer le marketing émotionnel y compris dans un secteur aussi porté sur l’analyse rationnelle (du risque) que celui de l’assurance.

3h plus tard, nous devons mettre un terme à notre conversation, contraint par l’heure d’une fin de soirée annoncée. Ai-je bien répondu à leurs questions ? Sont-ils séduits par mon approche romantique du marketing ? Nos impertinences croisées ont-elles fait progresser notre réflexion individuelle ? Qu’avons-nous appris les uns des autres ?

Honnêtement, je me suis régalé ! Là tout de suite, je dirai qu’il y aura une suite constructive à cet échange, à cette rencontre… Suis-je optimiste ? Bien sur ! Il nous reste tant à apprendre des futures conversations…

Avant cela, j’aurai lu un ouvrage passionnant (enfin je le crois) découvert hier et qui explique pourquoi :

Conversational Intelligence

"The key to success in life and business is to become a master at Conversational Intelligence. It’s not about how smart you are, but how open you are to learn new and effective powerful conversational rituals that prime the brain for trust, partnership, and mutual success."  Judith E. Glaser.

http://www.conversationalintelligence.com/home

Faut-il apprendre avant d’agir ou apprendre dans l’action ?…

Tout va de plus en plus vite, y compris l’apprentissage ! Mais à peine leur diplôme en poche, nos étudiants talentueux et fougueux, se font gentiment renvoyer à leurs études, faute d’expérience… Désolation ! Ne pourrait-on pas leur confier de nouveaux projets, comptant ainsi sur leur créativité et leur dynamisme ? Un peu de fraîcheur dans un monde de brutes !

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Si vous lisiez la Harvard Business Review, vous seriez bientôt séduits par ce nouveau principe de développement de projet qui semble le seul adapté à un environnement où l’imprévisible est de loin plus probable que les prévisions les plus fines, ou l’expérience du passé est semble-t-il dépassée… Rien n’étant égal par ailleurs, il s’agit d’être prêt à l’imprévu ! Et la meilleure méthode pour trouver la bonne idée dans ces conditions se résume en trois petits points :

1 – Agir

2 – Apprendre

3 – Construire en recommençant autant de fois que nécessaire les étapes 1 et 2 (jusqu’à obtention du concept final) !

Vous pouvez oublier tout ce que vous aviez appris avant d’agir (et davantage encore tout ce que vous aviez cru apprendre en révisant !) : on apprend mieux dans l’action. C’est exactement comme cela que vous faisiez à 2 ans : tout petit déjà vous osiez vous lancer dans n’importe quel projet sans en mesurer ni les risques ni les futurs résultats a priori. Que de gamelles avez-vous ramassées, que de formidables aventures avez-vous vécues alors ? Ce qu’il en reste, est ce que vous avez su en retenir et donc, constitue ce que vous avez appris, soit encore, votre expérience ! Enfin, la bonne expérience, filtrée, affinée par améliorations aléatoires et successives, bref, celle que vous n’aviez pas prévue d’apprendre ! Curieuse méthode non ?

Or ce sont là les enseignements tirés d’une étude (il en faut bien une) menée très rigoureusement par l’université de Virginie (USA) sur des entrepreneurs en série, afin de comprendre en quoi ils sont différents. L’étude montre "qu’ils ne se contentent pas de penser différemment (n’en déplaise à Apple) mais surtout qu’ils traduisent cette réflexion originale en action immédiate, fuyant ou ignorant le plus souvent l’analyse"…

Ils n’ont pas besoin d’études, ils apprennent par l’action et ont ce désir fou de recommencer !

business graph and chart

Adieu camemberts, pourcentages et autres prévisions graphiques, adieu plan à 3 ans, adieu benchmark périmés !

Bienvenue dans un monde où l’imprévisible transforme l’action en réussite ! Vous en doutez encore ?…

Une autre étude (du magazine américain Inc) datant pourtant de 2008, note que parmi le Top 500 seules 12% des entreprises réalisaient une étude de marché avant de lancer leur activité, et qu’à peine 40% avaient rédigé un business plan formel.

Amazing isn’t it ?!

De l’éphémère au permanent ??… et si on prenait un @Curly en attendant…

Allez, on débute par une petite citation de Bossuet sur la permanence : "L’homme sage est permanent comme le soleil ; le fou change comme la lune." dans Politique.

Oui mais encore ?… "Rien n’est permanent, sauf le changement." déclarait Héraclite. Nombreux seraient ceux pour affirmer qu’aujourd’hui le changement est dû à la technologie, alors qu’il semble bien être également dans les comportements évolutifs de l’Homme face à la rupture de son espace temps traditionnel (plus l’humain vit vieux et plus il vit de changements de temps). Ainsi faire le tour du monde devient banal (on pourrait même le faire sur l’un des nombreux blogs consacrés à ce rite moderne), de même que dialoguer avec tous ses amis éparpillés aux quatre coins de la planète n’est guère plus difficile que de passer d’un marché financier à l’autre. Nous sommes partout à la fois, et toujours disponible où que nous soyons…

Alors que deviennent nos relations ? Aurons-nous encore des amis (en vrai) à l’ère du tweet et du hashtag à tout va ? Si t’as pas d’ami, prends un Curly ! Tout le monde le sait ! Ca a fait le buzz !.. Et maintenant tout le monde peut devenir ami avec la photocopieuse en un Vine de 6 secondes… Enfin presque tout le monde !

La permanence est ailleurs. Elle est émotionnelle. Elle transforme une relation éphémère en relation durable par le temps que l’on passe avec l’autre, par le moment de vie que l’on partage avec lui (ou elle). Sans temps à consacrer à l’autre, nous ne pouvons espérer en faire un ami. Le temps est indispensable ! Il fixe l’instant émotionnel dans la mémoire (et même si le smartphone peut nous aider dans cette tâche, il ne peut pas trier, ni choisir à notre place). Nous gardons des traces de nos conversations, de nos échanges, via des images, parce que nous doutons de notre capacité à nous souvenir de l’autre, sans une aide artificielle.

From here to eternity

 

Faute d’une véritable attention, nous oublions les instants précieux, et avec eux, les personnes. Faute de temps pour inscrire ces moments dans nos mémoires, nous perdons le fil de nos relations. Faute de choix clairs, faute de priorités éthiques, faute d’engagement fort, nous mélangeons les amis avec les contacts, les prospects avec les clients, les marques fortes avec les produits low-cost.

Inscrire nos valeurs dans le temps, demande un peu de constance et le sens de l’effort. L’éphémère au contraire est à portée de clic, gratuit et indolore. On comprend qu’il nous séduise. On comprend aussi qu’il nous inquiète. Garder une trace de l’éphémère nous permet-il de voyager dans le temps en harmonie avec nos valeurs ?

Voilà ! En attendant prends un Curly… C’est mieux que rien ! Et sinon, regarde From here to eternity (Tant qu’il y aura des hommes), un film à 8 oscars et au baiser mythique…

http://www.curly.fr/

 

 

 

Et si vous demandiez à votre client de se déshabiller ? (vive l’été via @Dim_zen)

Ce cher Nedim me renvoie aux années 60 ce matin lorsque je lui fais remarquer que révéler son intimité demande une certaine confiance, à mon sens bien supérieure à celle induite par le partage ! Comme il a raison ! ‘Se mettre à poil’, comme d’ailleurs la libéralisation des moeurs, remonte en effet à cette folle période qui ont vu les USA imprimer une réelle révolution dans la relation humaine et particulièrement sur la place de la sexualité et de la relation amoureuse dans la vie quotidienne. Woodstock revival !

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L’émancipation des femmes est d’ailleurs à situer post seconde guerre mondiale (on rappellera qu’en France le droit de vote des femmes date de 1945, de 1974 au Portugal et de 1999 au Qatar), comme en atteste le droit de travailler sans avoir à demander l’accord de son mari, acté par la loi française en 1965 seulement !

Alors qu’en est-il de l’effeuillage, du strip-tease ? D’après Wikipédia, cette parade ou danse langoureuse, apparaît en France au tout début du 20ème siècle et investit rapidement les cabarets parisiens, s’attirant les faveurs d’un public essentiellement masculin. Le cinéma nous a réservé au fil des décennies des instants légendaires du genre, comme dans Gilda, Certains l’aiment chaud, Viva Maria ou encore Full Monthy dans une version masculine… Les marques de lingerie féminine ont poursuivi avec bonheur cette mode et entretiennent l’engouement pour le déshabillé, dans un pseudo érotisme reposant d’ailleurs sur la suggestion et l’imagination, provoquant l’anticipation d’émotions positives (que de belles promesses !)…

gilda

Mais peut-on proposer à un inconnu de se déshabiller ensemble, dans un élan de confiance partagée ? Ou est-ce impossible dans une société ou la peur l’emporte sur la liberté ? Houla ! Déjà que j’entends des cris et des protestations quand j’évoque l’opportunité d’entamer une conversation avec un inconnu (y compris dans le métro ou le train de banlieue), alors imaginons un instant qu’une marque vous incite à cette expérience ultime !…

On reviendrait rapidement sur le paradoxe suivant : si je peux éventuellement avoir confiance en moi (ce qui reste à démontrer), pourquoi ne puis-je pas faire confiance à l’autre ? Si cette expérience de se mettre à nu mutuellement n’est pas possible, que signifie la confiance dans la relation humaine ?

En marketing, nous assistons à un retour négatif des clients à qui les marques ont demandé des données personnelles et même intimes, souvent sous couvert de la personnalisation de l’offre, et qui constatent qu’ils ont été ‘déshabillés’, voire trompés. L’auraient-ils accepté si les marques étaient capables d’en faire autant ? Pas sûr !

Et si le refus de révéler notre intimité tenait à l’idée que nous pourrions être déçus par la réaction de l’autre ? Auriez-vous intérêt à ne pas trop en montrer tant que l’engagement de l’autre n’est pas acquis ? Ou au contraire vous faudra-t-il être transparent pour créer le désir et l’engagement ?…

Votre marque est-elle désirable (dans son authenticité et sa nudité) ou un peu trop maquillée (par trop de storytelling et d’artifices marketing) ?…

En attendant, on comprend mieux la folie des régimes et de la musculation ! Votre avatar ne trompe personne…

 

 

 

 

Le marketing des anciens combattants : décryptage

J’en parlais il y a quelques jours déjà, mais voilà qu’hier, jour de célébration de la prise de la Bastille par les révolutionnaires, la Tour Eiffel s’embrasait de toute sa hauteur pour le centenaire de la guerre de 14 !… Du jamais vu, un pur spectacle ! Oui, j’ai bien entendu, j’ai bien compris que, dans un esprit de paix, notre pays a fêté dans un son et lumière magnifique le début d’une guerre qui aura fait des millions de morts en Europe ! C’est beau l’histoire…

Pourtant, je me demande une nouvelle fois, ce que l’on a à vendre derrière ce storytelling pathétique ? La France courageuse, la France qui se bat pour sa liberté, la France qui a de belles plages pour un débarquement (70 ans largement fêtés en juin y compris avec Poutine !), ou la France des chars Leclerc ou des Rafales invendables ?… Avec 42 milliards d’euros et 275 000 personnes concernées par le premier budget de l’état (presque 14% des dépenses publiques !), avec un rang de 4ème exportateur mondial d’armes à tenir, il faut bien un peu de storytelling, oserai-je écrire, de marketing émotionnel, pour emballer le citoyen. Versons une larme patriotique…

Outre que les anciens combattants coûtent près de 3 milliards par an à la nation, on aura aussi remarqué cette année dans la loi de finance que : "le budget marque l’effort de l’État en faveur de la politique de mémoire, dont les crédits sont augmentés de 6 M€ en 2014, dans la perspective des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale et du soixante-dixième anniversaire de la Résistance intérieure, de la Libération du territoire national et de la victoire contre le nazisme."

feu d'artifice 2014

Ca fait cher le feu d’artifice ou la balade sur la plage, non ?

En va-t-il de même partout et pour tous les secteurs ? Faut-il continuer de célébrer des anciennes gloires et est-ce un sport national ? Faut-il vraiment arborer des médailles, exhiber des trophées à tout bout de champs ? Est-il rassurant d’entendre qu’on y était nous aussi, et que, bien sûr, on s’en souvient ? Pourquoi le "c’était mieux avant", est-il aussi présent dans les esprits des français de tous âges ? Un comportement qu’on jugera aisément paradoxal dans un pays où les seniors ne trouvent pas de boulot…

En tant que marketeur et professeur, j’entends cet adage à longueur d’année et je finis par le trouver insupportable… Surtout lorsqu’il vient justifier une absence de vision humaine (ou de vision du client) dans le marketing du 21ème siècle.

Pourquoi, en France, sommes-nous toujours en retard d’un marketing ? Sans aucun doute parce que nous pensons que ce qui a fonctionné hier devrait être célébré aujourd’hui comme une réussite et reconduit de plan stratégique en plan stratégique D’accord, mais jusqu’à quand ? Combien de services marketing reportent-ils leur budget d’un an à l’autre en se basant sur les résultats des années précédentes et non sur l’évolution à venir ? Combien de responsables pour expliquer qu’on "a toujours fait comme ça" ? Combien pour sortir leur analyse swot pour évoquer des menaces que la technologie a rendues obsolètes entre temps ? Combien pour nous dire que les clients fidèles sont prêts à découper des points sur des emballages de beurre ? Combien pour affirmer qu’un "gros" client mérite plus d’attention qu’un client dont on ne sait pas trop comment le qualifier (serait-il petit ? sans importance ? inconnu ? de passage ? pas encore dans notre base de données) ?

Faire du marketing, c’est être tourné vers l’avenir et, si il y a certainement des leçons à tirer du passé, il n’en reste pas moins que les clients eux souhaitent aller de l’avant et améliorer leur vie, peu importe ce qu’ils faisaient hier.  Hier, ne les intéresse pas ! Hier, c’est fini ! Abandonner les vieilles recettes, les concepts du passé est toujours difficile, mais n’est-ce pas une urgence face à la révolution digitale et à la puissance des nouveaux géants du marketing que sont Google, Apple, Amazon, entre autres…

frise

A Barcelone, les taxis qui facturent 25 euros pour un trajet centre-ville aéroport, ont une application mobile avec géo-localisation. A Paris, un CDG-Centre ville coûte au moins 60 euros et une loi vient d’être votée pour interdire la géo-localisation aux entreprises de service de véhicules avec chauffeur (dont une compagnie recrute 1500 chauffeurs ces jours-ci…) ! Cherchez l’erreur !…

 

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