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La transformation digitale à l’Atelier de la Poste en 5 clés ! #lehublaposte

Une salle bien remplie accueillait ce lundi les intervenants d’une conférence sur la transformation numérique dans les entreprises. Cap Gemini, Solocal (groupe pages jaunes) et Allianz, étaient convoqués par Maryse Mougin (directrice relation clients du groupe la Poste) pour nous livrer leur retour d’expérience sur la difficile transformation de leur société. Que fallait-il retenir de ces trois belles présentations et des quelques questions de l’assistance ?

Atelier Le Poste

1 – Ca prend du temps !

Transformer son entreprise de l’intérieur, c’est un processus long, d’autant plus qu’il faut impliquer l’ensemble des personnels, les former aux outils du monde digital et les écouter pour s’assurer qu’ils vivent le changement convenablement. Alors combien ? Entre 18 mois et 3 ans selon Nicolas Gauthier (Solocal) ou Nathalie Lahmi (Allianz) ! Alors que je me dis que c’est tout de même un long parcours pour tenter de rattraper son retard, le public viendra féliciter en héros ceux qui osent aller si vite… Il me semble malgré tout que les gens de la vraie vie vont un peu plus vite à modifier leurs comportements et leurs usages des outils que le digital a mis entre leurs mains et leurs oreilles…

nicolas gauthier solocal

2 – Il faut un Comex digital !

Nicolas Gauthier de  nous apprend que le Comex est constitué de 7 personnes toutes expertes du digital, et qu’il a fallu en tout premier point, se débarrasser des anciens, de ces « vieux » inadaptés au monde techno geek ! Ah ! Idem d’ailleurs chez Allianz, ou la direction stratégique et marketing est confiée aussi aux fans du numérique. La transformation venant d’en haut, la vision également, un renouvellement des directions semble obligatoire. Place aux jeunes, mort aux conservatismes et aux partisans de l’ancien temps ! Intéressant de constater que la transformation numérique serait une révolution qui nécessite de couper quelques têtes…

3 – Transformer l’entreprise en laboratoire

Sylvain Canu  nous détaille le modèle d’organisation que propose Cap Gemini @capgeminifrance pour ces clients qui souhaitent faire évoluer leur modèle. Il s’agit surtout de créer des interactions directes entre les start-up et les entreprises qui ont des besoins d’innovation. Pour lui, l’innovation vient de l’extérieur et le mode de fonctionnement start-up est le plus approprié pour faire face au défi du numérique. L’agilité de la start-up est comparable à celle d’un laboratoire de recherche, où la remise en question des hypothèses comme des idées est vécue comme indispensable. Nicolas Gauthier explique, à son tour, que cette agilité n’est possible que si le Comex est lui-même porté par cet état d’esprit de contestation des fondamentaux de l’entreprise.

sylvin canu cap gemini

4 – La culture test & learn

Naturellement les crispations, les frottements sont légion face à une transformation en profondeur de l’entreprise, et pour convaincre les différents acteurs, outre un effort de pédagogie, il faut leur montrer des résultats. ce que le digital a su exploiter en adoptant les modèles A/B testing pour tout et tout le temps. C’est une inspiration pour l’entreprise entière. On peut donc essayer, et se tromper parfois. On peut même revenir en arrière et recommencer, comme en témoigne Nicolas Gauthier, ce que la salle appréciera en fin de séance éblouie par une discours humble et transparent. Oui, les agents de Allianz, sont encouragés à ouvrir leur propre page Facebook, ou leur site personnalisé et à en tirer avantage. Oui, il est possible de les inciter à mieux communiquer entre eux via des plateformes intranet.

5 – Remettre le client au centre

Tous les intervenants nous ont présenté cette transformation digitale comme indispensable à l’entreprise, pour sa survie, pour son développement mais avant tout parce que la clientèle (particuliers ou entreprises) la réclame. C’est pour continuer à être ne relation avec leurs clients qu’il est urgent que les sociétés devient digitales. Eux le sont déjà ! Alors rentre le client au centre, ce serait quoi ? C’est déjà co-construire les offres, les produits ou a minima, les imaginer en fonction des insights recueillis via les moyens du digital : tchat en ligne, réseaux sociaux, e-crm, etc… L’écoute digitale est une source d’innovation et d’amélioration de l’offre des entreprises. Une entreprise digitale doit être à l’écoute des clients. C’est ce qu’on fait les « grands » acteurs nés au début de ce siècle, comme Amazon, Google, Free et d’autres. C’est une clé de succès pour l’avenir.

nathalie lahmi Allianz

Un beau programme pour ceux qui n’ont pas encore entamé leur mue. Une voie à suivre en l’adaptant à la taille et au modèle de business développé. Et une question qui m’a intrigué à la fin : avez-vous demander à vos clients ce qu’ils pensaient de votre transformation digitale ?

C’est Nathalie qui me répondra que chacune des nouvelles actions « digitales » a un impact sur le NPS de Allianz. Il n’y a pas eu d’étude spécifique sur le ressenti des clients face à la transformation mais bien entendu, on mesure le niveau de recommandation et il sert d’indicateur fort dans un tel contexte. Je me demande tout de même si une entreprise digitale (ou pas) ne devrait pas se soucier davantage de ce que ses clients pensent de ce qu’elle fait ?…

Et vous ?

Le pouvoir est-il un enjeu marketing ?

3 jours au salon du livre cette année ont été l’occasion de très belles rencontres avec les nouveaux auteurs de ma maison d’édition : Kawa. Et puis dans le retour en TGV de Lille hier, après avoir passé un nouveau très bon moment de partage avec Isabelle, Alexandre, Guillaume et Henri, je suis rempli de réflexions sur nos visions si différentes et pourtant si proches sur le marketing. Particulièrement, en discutant avec nos auteurs femme ou nos femmes auteur, je me rends compte que la question du pouvoir est essentielle.

manif au salon

Etre un auteur, c’est prendre la parole et ce faisant, affirmer un pouvoir : celui de communiquer sa pensée aux autres, aux lecteurs. Personnellement, je pense plutôt que si pouvoir il y a, ce serait celui de rencontrer et de partager. Certes, ce n’est pas donné à tout le monde, mais vous me répondrez (comme Don Corleone) que le pouvoir ne se donne pas, il se prend.

Et être un marketer ? Est-ce exercer un pouvoir sur les consommateurs ? A l’heure du digital, on nous explique à chaque conférence que le consommateur a pris le pouvoir sur les marques. Il est devenu un acteur, un consomm’acteur ! Alors ? Quel pouvoir reste-t-il pour le directeur ou la directrice marketing ? Ceux-là même que l’on a nourrit de termes guerriers comme la conquête, le territoire de marque, les forces et faiblesses, la part de marché et la fidélisation…

pouvoir-du-client

Evidemment, le pouvoir du marketing s’exerce principalement dans la définition de l’offre. Tous les efforts déployés par nos amis marketers sont essentiellement consacrés à la perfection du produit, voire du packaging et des offres qui feront son succès. C’est donc un pouvoir de décision, qu’ils évoquent pour justifier leur posture. Nous décidons et les consommateurs nous remercient de notre géniale vision de ce que sont leurs besoins. Pourtant, la co-création se développe, le marketing collaboratif, n’est plus un ‘gros mot’ et certains services marketing acceptent d’écouter, de prendre note des désirs, des idées de leurs clients (on citera par exemple Starbuck, MMA, Michel & Augustin, Marmiton, le RATP et bien d’autres). Ces marques auraient-elles perdu le pouvoir ? Ou au contraire, leur pertinence et l’adhérence de leur clientèle à leurs valeurs sortent-elles renforcées de cette délégation, de ce partage du pouvoir ?

En réalité, mes discussions me laissent penser que la notion même de pouvoir est masculine. Le pouvoir est homme ! C’est sans doute ce qui explique cette réplique de l’organisateur du Salon du Livre, s’adressant à moi, pour justifier l’achat d’un livre portant le mot émotionnel sur sa couverture : « oui je connais le marketing émotionnel, mais je le prends pour ma femme ! ». Quelle belle démonstration ! Rendre le marketing émotionnel, ce serait contester le pouvoir des chiffres et de la technologie sur l’humain. Ce serait admettre que notre intelligence émotionnelle s’active à notre profit pour créer du lien social et que le rôle d’une marque est justement de créer du lien entre ses clients et entre elle et ses clients. Ce n’est pas une question de pouvoir donné ou pris, mais bien une question de valorisation de l’autre. Donner de la valeur à l’autre (au client), ce n’est pas perdre le pouvoir !

IQ EQ

Etre émotionnel est un état d’esprit. Un souffle spirituel qui donne vie à la relation affective, à la préférence de marque, à la fidélité, dans la vie comme face à son client. Il n’est pas question de revendiquer un quelconque pouvoir. Le consommateur, le client ne nous ont jamais demandé de prendre le pouvoir ! Le pouvoir ne les intéresse pas du tout ! Ce qu’ils souhaitent en revanche, c’est être reconnu comme individu, comme être humain, être valorisés pour ce qu’ils sont, pour leurs différences, leur culture, leurs envies parfaitement irrationnelles. Pourrions-nous le comprendre ?

Au moment où j’écris ces lignes (et, cher lecteur, je ne triche pas d’un minute), je reçois un communiqué de presse pour m’annoncer que la marque Bonobo (les jeans) va donner le pouvoir aux consommateurs (hélas de baisser les prix – car ça aussi le consommateur ne l’a jamais demandé) ! Formidable idée non ?

like the look

Extrait du CP : « Quand les consommateurs prennent le pouvoir…. Un rêve qui devient réalité avec la dernière initiative du jeanner Bonobo. Du 30 mars au 27 avril, l’enseigne lance l’opération inédite ‘Like the Look’ sur Facebook. Plus les fans likent et plus le prix baisse, jusqu’à – 30% ! »

Je visite donc la page en question et, arrivant trop tôt sans doute, j’y découvre que le 23 mars c’était les Bonobo days pendant lesquels on pouvait obtenir jusqu’à -50% sur les articles du site e-commerce !… Boulette !?… bref !

Le vrai moment où la marque perd le pouvoir, si telle est l’inquiétude majeure du responsable marketing, c’est lorsqu’elle commence à baisser ses prix et à proposer n’importe quoi pour tenter de vendre ce qu’elle voudrait à des consommateurs qui n’en veulent pas ! Nul doute qu’à cet instant, il ne s’agit ni de manipulation douce, ni de séduction, mais bien d’un abandon complet des valeurs de la marque associé à un irrespect total de l’individu client. Or si votre marque n’a plus de valeur, pourquoi devrions-nous l’acheter ?

Confondre le pouvoir donné et la valeur créée conduit les marques à la catastrophe. Le client ne veut pas le pouvoir, il achète ce qui crée de la valeur pour lui, et son entourage, sa communauté. Les valeurs créent et justifient la marque, la valeur créée justifie le choix du consommateur, donne du sens à son achat, et contribue à le rendre heureux (un état émotionnel auquel nous aspirons tous).

WEB2B2015 : bilan d’une deuxième édition avec Franck Prime

Réussir une deuxième édition d’un événement n’est pas forcément une évidence. Même s’il a une expérience indéniable et unique en la matière, les réponses de Franck Prime, apporte un éclairage précis sur la détermination nécessaire à sa réussite. Le WEB2B 2015 a accueilli plus de 800 personnes dans ce lieu fabuleux et célèbre que sont les Folies Bergères dont plus de 700 dirigeants, pour écouter quelques 70 speakers et experts (au sein desquels quelques auteurs Kawa). Un succès difficile à contester et qui garantit déjà une édition 2016 réussie selon les principes d’une bonne commercialisation d’un bon produit.

WEB2B folies bergères

Patrice : Franck, peux-tu m’expliquer pourquoi une deuxième édition peut être plus facile à développer ?

Franck : « Après 137 organisations pour quelques 3 millions de visiteurs sur toutes les CSP et tous les segments du ECOMMERCE au DIGITAL, tout devient simple et calculable, contrôlable. J’aime créer, c’est ma spécialité et la raison pour laquelle les groupes leaders d’événementiel ne le font pas car la prise de risque est trop forte et la nécessité de maîtriser un marché trop implicite. Je ne vis que pour le risque et la création. Si je n’ai pas ces 2 éléments, si je dois gérer un produit déjà has been, cela ne m’intéresse pas. Donc pour répondre en conclusion : c’est simple pour moi, c’est plus compliqué pour un organisateur de salon. »

Patrice : « Proposer des essais de voitures électriques comme avec Tesla ou BMW, est-ce nécessaire pour attirer un public ? »

Franck : « Pas exactement. J’en ai eu assez des salons génériques et dès 2011 j’ai voulu lancer lancé autre chose : les 1to1 et les produits événementiels impactants directement l’acheteur et le vendeur. De là sont nés ECOMMERCE 1TO1 pour mes amis de COMEXPOSIUM puis WEB2BUSINESS, TIME2MARKET et DEVPRO pour ma société ONE PLACE ASSOCIATES http://www.one-place.fr/. L‘objectif est d’en finir avec le concept salon pour en ressortir uniquement le qualitatif avec des CSP acheteuses et des organisations plaisantes dans des lieux hors norme. TESLA, BMW et d’autres sont donc des moyens d’aérer l’esprit des VIP ++ que nous faisons venir sur ces 3 organisations. Il était très amusant de se balader avec un I9 et une TESLA S dans les rues de paris lors du WEB2BUSINESS 2015 et de sécuriser tout avec l’aide de l’armée. C’est mon coté rock n roll. »

WEB2B salle

Patrice : « Parlons un peu du prochain rdv, le Digital Luxe Meeting 2015. Si tu dois retenir une keynote de ce DIGITAL LUXE MEETING 2015, laquelle ? »

Franck : « Sans aucun doute : TOUTES. créer est un métier qui regroupe les gens, L’événementiel est l’inverse du net. Je créé pour communiquer, regrouper, apporter du contenu et de l’envie. Soit sur de la masse lorsque je faisais des salons, soit en segmentant une CSP ou un marché dans cette seconde vie. Je ne jugerais donc en mal aucune de mes keynotes car derrière, il y a toujours des gens qui partagent ma passion et me suivent. Et plus je vieillis, plus ils sont nombreux. C’est un peu pour ca et parce que je maîtrise le ecommerce depuis sa génèse, que les acheteurs de COMEXPOSIUM m’approchent pour reprendre mon activité dans ce que j’avais créé. Mais là, c’est encore secret et le final cut, je l’aurais toujours, comme toujours. »

Patrice : « Merci Franck et rendez-vous le 8 avril sur cet event consacré au luxe et au digital. »

La stratégie du sherpa de Gabriel Szapiro, dans son livre Inbound Marketing

On l’attendait depuis quelques mois, et il est enfin sortie de presse : Inbound Marketing, présenté par Gabriel Szapiro, expert du sujet et fondateur de Bleu Saphir, qui a récemment rejoint le groupe Révolution 9. D’ailleurs ce ‘vernissage’ a eu lieu dans les locaux (pour le moins accueillants) du groupe et nous étions quelques heureux élus pour écouter le Sherpa ! Un très bon moment de partage, qui aura suscité quelques échanges, notamment autour de la stratégie de contenus, du marketing du désir, angle du vue assez proche de celui du marketing émotionnel.

inbound marketing Gabriel Szapiro

Ainsi les étudiants de France et d’ailleurs auront un ouvrage de référence, fourni en exemples de campagnes Inbound et surtout synthétisant les principes de ce marketing entrant. La question principale est d’ailleurs de ne pas confondre Inbound Marketing et analyse de la performance des contenus publiés (ou même des actions marketing développées par une marque ou une entreprise). En effet, si l’Inbound permet par association avec des outils de CRM de suivre les remontées, avec exactitude, c’est avant cela une vision stratégique : attirer les prospects vers soi, puis les séduire et enfin les transformer en clients.

Tout le succès d’une stratégie Inbound repose donc sur l’accompagnement (par la main) d’un prospect dans son parcours initiatique de découverte d’une offre ou d’une marque. D’où cette notion de Sherpa, guide, accompagnateur, qui aide l’autre sur son chemin. L’idée de Gabriel, lui permettra sans doute de se différencier. N’est pas Sherpa, le premier marqueteur venu ! Mais cette volonté d’ouvrir la route de l’Inbound Marketing, devrait rassembler une large communauté de lecteurs.

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La rencontre des 4E et des start-up du Welcome City Lab : débrief !

C’était une très belle soirée, hier, et je débute ce débrief par des remerciements (dire merci est la sixième étape du parcours émotionnel) : merci avant tout au public nombreux et enthousiaste, merci à Léa et au WCL pour cet accueil, à notre équipe vidéo et à Ehab pour toute l’organisation de l’event. Que dire de nos intervenants sinon qu’ils ont été à la hauteur du challenge et que leur pitch émotionnel a captivé l’audience ! Bravo à Christophe (oui nous partageons des valeurs et le goût de la cuisine depuis longtemps), bravo à Laurent (Groupeer Technologies), à Carl (TheatreinParis) et à Julien (hotels-prives.com) !

masterclass ambiance 2

Tous nous ont raconté leur histoire, leur projet, leurs aventures marketing avec passion, avec cette envie de partager qu’il me semble indispensable  d’avoir constamment à l’esprit. Bien sûr les 4E sont présents dans l’ADN, dans le fondement même de Marmiton, et au-delà de l’émotion née en cuisine, c’est surtout de lien social qu’il s’agit, lorsqu’on évoque le succès de cette marque. Développer et animer une communauté de plus de 800 000 membres, les guider dans leur quotidien, les rencontrer aussi comme ce dimanche avec la journée Marmiton, c’est une mission de tous les instants. Et c’est bien la qualité de l’écoute et l’alignement entre les valeurs de la marque et celles de ses clients, qui contribuent à la vision et à la stratégie marketing de Christophe.

Christophe et Patrice

Et pour nos jeunes pousses ? La master-class qui a suivi les questions pertinentes sur le business modèle de Marmiton, leur proposait de passer leur pitch à l’épreuve des 4E. Qu’allions-nous en retenir ? Pour Laurent et Groupeer Technologies, le frein principal tient au sentiment négatif éventuellement ressenti par le client devant la crainte de se perdre en s’éloignant du groupe. Rappelons que Groupeer se propose d’équiper chaque membre du groupe d’un petit système radio-connecté émettant un signal d’alerte en cas de trop fort éloignement. Il suffirait donc de transformer cette surveillance passive en une émotion positive pour séduire les futurs clients de la marque. Ceci devient possible en comprenant et en valorisant le lien affectif fort qui émerge entre les membres d’un collectif et leur guide, qu’il soit guide touristique ou moniteur de ski. Ce lien devient vite exclusif.  Et c’est justement cette Exclusivité qu’il faudra mettre en avant pour conquérir un marché.

laurent et patrice

Pour Carl et le surtitrage des pièces de théâtre que TheatreinParis proposent aux plus belles salles parisiennes à un public étranger, refroidit par la barrière de la langue française, la difficulté vient de la recommandation. Pourquoi les hôtels, les prescripteurs feraient-ils l’effort de proposer une sortie TheatreinParis à leur clientèle qui demandera quelques explications et une réassurance, plutôt que 2 places au Lido ou au Moulin Rouge, très largement plus facile à vendre ? La réponse est dans la qualité exceptionnelle de l’Expérience. Non seulement, elle a un caractère différenciant très fort, elle sera un souvenir merveilleux que peu de touristes auront le privilège de raconter, mais elle sera aussi la marque de gratitude, de reconnaissance éternelle des clients envers le prescripteur. Il se trouve que la principale motivation du concierge (et son objectif en tant que salarié) est de déclencher ses fameux effets WOW ! C’est donc cette promesse du wow effect qu’il faut lui présenter.

julien patrice

Pour conclure cette master-class, Julien vient nous pitcher le concept d’Hotels-prives.com, un site qui annonce des offres spéciales en direct avec les hôteliers. Des bons plans ? Oui mais aussi une meilleure expérience de l’hôtel, via un contact, un lien direct entre les hôteliers et leurs clients. Le site est un intermédiaire mais ne prend pas de commission, contrairement aux grands méchants loups tels Booking ou Expedia. Ce qui permet de promettre « le meilleur prix mais pas que », comprendre que vous aurez droit en plus, à un geste sympathique, une attention particulière. Sympathique non ? Oui mais comment et pourquoi des clients à la recherche de bons plans, arriveraient-ils sur hotels-prives.com lorsqu’il existe déjà de tels mastodontes sur le marché qui ont une puissance d’affichage sur internet (et donc qui capture l’essentiel du trafic) ? Difficile question ! Sauf que Julien a une vraie raison de défendre le combat des hôteliers face aux tyrans de la commission et du rabais : il est lui-même petit-fils d’hôtelier. C’est la clé ! Il doit faire de cet Engagement qui coule dans ses veines, celui de son site et de sa communauté de client. Dès lors si je réserve mon hôtel via sa plateforme c’est parce que j’aime les hôteliers authentiques et que je souhaite les défendre ! L’Engagement comme valeur ajoutée, comme point de rencontre et de partage entre les valeurs des clients et de la marque. Voilà ce que le marketing émotionnel peut apporter à des projets d’entreprise : une vision stratégique du marketing résolument tournée vers ce qui crée de la valeur pour le client (en premier lieu) et qui en créera pour la marque à moyen et long terme.

J’ai pris beaucoup de plaisir à partager ces expériences avec les start-up, avec le public et j’espère avoir inspiré certains d’entre eux. Merci !

Images : 5sur5agence.com

Peace and Love by Coca-Cola, interview de Nicolas Lautier directeur de création d’Ogilvy & Mather Paris

Le storytelling dans son expression la plus épurée, la plus noble, ce serait une histoire que le consommateur se raconte, vit, mémorise à partir de ses propres fantasmes, de ses expériences, de ses héros, de son imagination. Ainsi lorsqu’il restitue un sentiment fort comme l’amour pour une marque, c’est nécessairement qu’il la croit, au sens religieux de la croyance, il en est par conséquent devenu fidèle.

together peace

Une marque peut-elle contribuer à notre bonheur quotidien, à créer du lien social ? C’est ce qu’affirme avec succès Coca-Cola depuis plus d’un siècle et l’occasion de célébrer la bouteille la plus connue au monde, est aussi celle de la campagne Together aux visuels innovants, puisque sans marque, et sans produit.

Décryptage avec Nicolas Lautier, directeur de la création de l’agence Ogilvy et Mather Paris  :

Patrice : Cette campagne fortement émotionnelle, implique la mémoire affective du lecteur / spectateur / consommateur – Est-ce une volonté de ne pas « adresser » les « indifférents » (ceux qui ne « verraient » pas la marque) ?

Nicolas : Cette campagne Coca-Cola est de part l’essence même du brief un peu différente de toutes les autres campagnes auparavant produites par la marque. Ici, nous cherchons à célébrer les 100 ans de la bouteille. La boisson n’est donc pas le héros principal de la campagne. Coca-Cola est une marque iconique, et cette iconicité ne se limite pas seulement au produit en tant que tel. La marque a un univers fort, une couleur forte, un produit fort – évidemment – mais aussi un packaging très particulier. C’est ce packaging, la bouteille en verre appelée Contour, qui est le centre de cette campagne. 

A travers cette série de prints/film nous avons voulu rendre hommage à l’iconicité et à la pureté du design de la bouteille – ce que nous avons tenté de réaliser en gardant un visuel très design et pur – mais aussi rendre hommage au fait que cette bouteille traduit la philosophie de la marque. Une sorte de « Happiness is in your hand ». L’idée de rapprocher les gens. Pour en revenir au côté épuré de la campagne – sans logo, sans produit, sans signature mais 100% Coca-Cola – elle s’adresse effectivement à notre mémoire, au côté populaire de la bouteille et de sa forme. Elle est, paraît-il, une des seules bouteilles que l’on peut reconnaître dans le noir.

together love

Patrice :  Coca-Cola fait partie des marques « clivantes » : beaucoup l’aiment, beaucoup la détestent – « Peace and Love » est-elle une tentative de réconciliation ? 

Nicolas : Ce que nous avons voulu transmettre à travers cette campagne est un prolongement de la « philosophie » Coca-Cola : le bonheur. Rassembler les gens autour de l’amour et de la paix était pour nous une des manières les plus iconiques et universelles de mettre en avant cette notion de bonheur. « Happiness is in your hand » aurait pu ainsi signer cette campagne.

Patrice : Faire disparaître le produit et la marque des visuels print, est-ce laisser le lecteur / consommateur se construire sa propre histoire ? Est-ce le stade « intelligent » du storytelling ?

Nicolas : Peu de marques peuvent se permettre de type d’exercice. Cela s’adresse aux marques qui sont rentrées dans la culture populaire, qui ont un produit iconique et un fort passé publicitaire. L’idée de faire « disparaître » la marque et le produit pour mieux le révéler est une manière de mettre en avant ce côté populaire. Une marque se doit de raconter des histoires, son histoire, que ce soit à travers son produit, son identité ou bien même son packaging. De là à dire que c’est le stade « intelligent » du storytelling, ce serait un manque cruel d’humilité.  Je pense juste que, parfois, la simplicité peut ramener un peu plus d’intelligence. L’expression même du « Less is more ».  Il est parfois important de ne pas trop prendre le lecteur ou le consommateur par la main.

 

Merci Nicolas pour ces réponses limpides et inspirantes. J’espère que ces valeurs fortes seront appréciées de la communauté Coca-Cola, comme un témoignage de confiance, une volonté de poursuivre Together sur le chemin du bonheur !

Action ou vérité ? le consommateur est-il un acteur ? #birdman

On peut voir Birdman comme une tragédie ou l’interpréter comme un envol triomphal de la vérité sur la vision hollywoodienne d’un monde assujetti à l’impérialisme culturel nord-américain. On peut croire aux angoisses asphixiantes de Riggan Thomson (Michael Keaton extraordinaire dans ce rôle) lorsqu’il joue sa carrière sur une pièce de théâtre. Un drame intimiste et intellectuel de Carvers qu’il espère lancer à Broadway pour se débarrasser, enfin, de son passé d’homme-oiseau super héros masqué qui lui a pourtant valu notoriété et fortune. On peut aussi croire sa fille ou son ex-femme, qui n’ont pas goûté son absence permanente. On veut surtout penser qu’entre jouer un rôle sur une scène face au public et vivre une vie d’adulte épanoui et sociable, il y a parfois un (grand) écart…

birdman 1

Où est donc la vérité ? Faut-il en être obsédé dans sa façon d’interpréter un rôle, comme le suggère Mike (Edward Norton) ou doit-on être authentique et sincère dans chacun de ses actes dans la vie (comme le voudrait Sam – Emma Stone) ? Etre acteur, n’est-ce pas jouer la comédie ? A moins, qu’être acteur de sa vie, signifie se réaliser et diriger sa propre existence vers et à travers projets, rencontres et relations affectives ? Et si l’on parle d’amour, de quoi parlons-nous ? D’un amour absolu, véritable, ou d’une relation plastique dominée par le physique et le sexe ?

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Trop de questions, qui tournoient dans la tête de notre anti-héros et qui sont magnifiquement filmées par Iñarritu.

La parabole nous projette vers la réflexion de Stéphane à propos du storytelling : voulons-nous vraiment en tant que client, être au volant, piloter l’histoire, être acteur et prendre le contrôle des marques ? Est-ce possible ? Ne serait-il pas plus prudent pour le consommateur d’exiger la vérité plutôt que de devenir ‘acteur/actant’ ? Il me semble qu’être acteur nécessite d’être habité par un personnage, d’être reconnu et identifié comme ce personnage et non plus pour soi-même, ainsi que le vit difficilement Riggan aka Birdman. Les marques portent des valeurs, des identités que nous admirons, dont nous pourrions nous habiller ponctuellement, par envie, pour le lien social qu’elles créent. Mais irions-nous plus loin ?

affiche birdman

Je ne suis pas convaincu que le consommateur soit nécessairement un acteur. Si être acteur exige la vérité, l’incarnation exacte d’une réalité, être consommateur offre la liberté de l’illusion, du fantasme et de l’inconstance. Etre consommateur c’est aussi la joie de l’ignorance, la naïveté de l’acceptation de l’histoire que raconte la marque, l’envie de croire au beau, au bonheur, au-delà des faits et de leur platitude.

Ainsi Birdman s’élève au-dessus de la ville, de la foule qui le film avec son smartphone en espérant le buzz, le tweet tendance du jour. Il s’affranchit de cette gloire ridicule qui a fini par le mettre en slip, et nous crie que la vérité pour mortelle qu’elle soit, est le rêve de l’humain. Devons-nous le croire ?

L’ignorance aussi a ses vertus !

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