A force de prôner le moins mais mieux, il fallait bien que ça arrive. Karine, plume élégante, me rappelle à la vie, simple. Merci ! Alors comment trouves-tu cette campagne d’un sobriété toute nordique ?
D’abord bravo pour cette audace de l’écriture comme choix de narration, dans ce monde dominé par l’image. Car ici, suivre les mots qui s’affichent un à un, c’est suivre le fil de l’histoire et aller jusqu’au bout pour connaitre la fin. Magnifique. Arrivé à destination, je découvre un autre produit du quotidien, relié par la phrase à celui qui, au début, nous a permis d’entrer dans la vie des gens. Des gens comme nous, simples, invisibles mais pourtant là. J’adore !
Après tout, nous sommes faits des objets que nous utilisons jour après jour et qui savent tout de nos vies. En les déplaçant, en les faisant tomber, en les rangeant quelque par mais où, nous disons qui nous sommes et ce qui nous occupe ou nous préoccupe. Et puis la vie n’est pas toujours ce qu’elle devrait être, et alors, nous avons besoin de ces objets pour rêver encore à ce qu’elle aurait pu nous offrir. Chaque objet est là, comme un témoin muet de notre histoire. Il absorbe nos émotions, nos pensées sombres ou lumineuses, revient plus tard, lorsque nous pensions être passé à autre chose, à une autre histoire. Tu te souviens ?

Oui Karine, il y a une beauté d’écriture rare dans ces films Ikéa. Chaque mot a son importance et suivi d’un autre prend place dans la construction de l’action, qui nous éclaire sur la vie des héros quotidiens que nous sommes encore. L’exercice est humain, me semble-t-il, tant le chemin entre un objet et l’autre, parait peut probable. Au sens des probabilités qui décident des réponses de nos chers amis IA, avons-le, il y avait très peu de chances pour que l’on prompte ces scènes là.
La force de l’intelligence humaine est totalement mise en lumière par ces films courts. Associer des objets et des personnes, relier ces personnes être elles par le mouvement, l’intention ou la pensée, ne nus viendrait pas en tête sans une intrication fine entre images, mots et émotions. Seul notre cerveau produit cette compréhension intuitive des situations et des amalgames inattendus . Exactement comme si tu écris quelques mots pour décrire ce que tu vois par la fenêtre de ton bureau, et que soudainement surgit en pensée, un personne qui portait justement ce manteau long et beige, légèrement tombant sur des chevilles agitées par le pas de marche de quelqu’un en retard à un rendez-vous important. Tu la vois ? Te surviens-tu de ce rendez-vous manqué ?…
Voilà ! C’est ça la vie ! Une suite de micro-événements sans fin ni réelle conséquence immédiate, autre que le fourmillement de nos songes et de nos émotions passées remontant à la surface. Sans l’histoire d’avant, pourrions-nous comprendre celle d’aujourd’hui et avoir envie de celle de demain ?
Avec Made for Life, Ikéa illustre notre nécessaire ancrage dans la réalité matérielle. Cette réalité indispensable pour nous repérer, dans la cuisine, dans la maison mais aussi dans nos relations affectives. J’aimerais t’envoyer cette réponse dans une enveloppe et coller un timbre dessus, tu en saurais alors davantage sur mon état d’esprit du moment. Pendant un instant, ou peut-être une vie, tu aurais là sous les yeux, une preuve de l’existence de nos conversations. Des mots.
La vie est faite pour nous. Profitons-en !
Merci Karine pour l’inspiration et merci La Réclame pour les films…

