Tu pourrais me répondre que non, vu que la marque est en faillite. Mais ce serait un peu court, ne trouves-tu pas ?…
Et pourtant, tu as raison ! Tout était beau comme un arc-en-ciel et la marque avait accueillie joyeusement à son board le fonds d’investissement de LVMH. De l’or coulait dans les boutiques fraichement re désignées par une belle agence parisienne et l’Amérique était en vue pour cette aventure marseillaise.
Et puis tout le monde en a eu ras-le-bol des doudounes sans manches. Karim l’impertinent se moquait depuis longtemps de ce stéréotype de la branchouille colorée. Et pourtant, nous avons tous été emballé par ce beau produit. Fallait-il voir aussi loin ?
Avions-nous envie de tout ce que la marque au scooter allait nous proposer pour diversifier sa gamme et ne plus dépendre fatalement de la saison ? Un peu comme Canada Goose qui ouvrirait au Brésil, JOTT a cru que c’était la marque que nous achetions et qu’elle pourrait nous vendre n’importe quoi.

Erreur !
C’était le produit ! Et si l’élégance n’a d’importance que si l’on y pense, comme disait le chanteur San Severino, la tendance est éphémère par nature. La marque a été dans nos conversations et puis, soudainement, le produit a été copié par ceux qui font du moins cher. Or entre une doudoune sans manche et une autre doudoune sans manche, il n’y a aucune différence, mis à part le logo de la marque. Et le prix.
Nous voulons payer plus cher pour une vraie marque. Toujours. Mais pas là. Enfin plus maintenant.
Tu vois ces boutiques, ces visuels, ces campagnes de communication heureuses et tu te demandes pourquoi nous avons finalement délaissé la marque. Pourquoi ?
J’ai bien cherché. J’ai lu ce que dit l’agence sur son formidable travail. Et tout à coup, j’ai compris. Regarde ce programme de fidélité qu’elle revendique comme un trophée. Ah… C’est ça ?… Plus vous acheter, plus vous gagner !… Tu crois qu’on en est encore là en 2026 ?.. Quelle pauvreté marketing !

Tu traites tes clients avec une désinvolture insensée. La valorisation des points traduit une générosité de 5% dont tu profiteras quand tu auras dépenser 350 euros minimum, soit presque le prix de 3 doudounes sans manches… Et voudrais-tu qu’on parle de ta pop-up qui annonce 10 € de remise pour toute inscription à une newsletter que nous ne lirons jamais ?
Tout l’histoire est résumée là : tu n’aimes pas tes clients. Ou pas assez. Alors, ils ont aimé tes doudounes peut-être même ta marque, un temps. Et puis, un jour, c’est fini. Bien sur tu diras que c’est la faute des autres, qui ont proposé moins cher, qui sont arrivés très agressivement sur le marché français. La faute des clients volages qui ont choisi de partir, sans aucune gratitude pour toi, et tes maillots de bain. Tu te trompes. Ils auraient adorer rester. Etre aimés pour de vrai, pas seulement pour leur argent.

Ces histoires de marque qui pensent avoir conquis nos coeurs pour toujours et qui ne font rien pour nous prouver qu’elle tiennent sincèrement à nous, tu en connais d’autres. Tiens, on me souffle que Poilane, subit le même sort, par exemple. Une marque artisanale qui a vu la vie en grand. Trop grand…
Faire moins mais mieux, c’est rester concentré avant toute chose sur ses clients. Tant qu’ils ne comprennent pas à quel point tu les aimes, n’imagine pas partir à la conquête de ceux qui ne te connaissent pas encore. Tu vas y perdre ton âme et surtout ta différence.
Et rien d’autre.

