Intuitions, l'humain dans le marketing
2 commentaires

La peur et le social seller : émotions en Provence !

Je me suis laissé surprendre ! Je ne vois pas d’autre explication. En entrant dans la salle de cet atelier du #SocialSellingForum d’Aix en Provence, j’ai découvert une audience nombreuse et déjà très en attente de nous entendre. Nous qui devions animer la séance autour de la « place de l’émotionnel dans les réseaux sociaux ». Une étrange définition de ce que nous pourrions apporter comme éléments d’information aux participants en quête de savoir sur « la manière de s’y comporter pour mieux vendre ».

Et cette surprise initiale, que j’ai trop vite attribué à mon habitude de ne pas avoir d’objectif chiffré (car qui aurait pu prévoir un tel succès pour cet atelier précisément ?), s’est muée en questionnement, voire en trouble de la perception. Il n’a pas duré. La réponse m’a sauté au cou : il y avait de la peur dans cette salle ! Et ce n’est pas du tout un hasard si les premiers échanges ont été orientés sur ce thème : ne doit-on pas craindre d’être critiqué, mis en cause, voire ridiculisé par les autres lorsqu’on prend la parole sur un réseau comme LinkedIn (ou un autre) ?

emotions et social selling - tweet.jpg

Merci Candice d’amplifier ma voix pour rappeler à la salle que l’émotion est ce qui nous connecte, nous autres les humains. Et que la peur est certes, une émotion de base, mais certainement pas celle qui doit nous empêcher, nous contraindre dans l’expression de nos passions, de notre personnalité. Au contraire, puisqu’avoir peur, ressentir ce poids social du regard des autres, nous stresse et par là-même, rend moins fluide, moins compréhensible notre prise de parole. C’est ce que nous redit une participante en osant poser sa question d’une voix mal assurée. Si j’ai peur de ce que l’autre pensera de moi, alors je vais tenter (parfois inconsciemment précisera Emmanuelle), de censurer, de lisser mon propos pour dire ce que l’autre voudrait entendre. Suis-je emphatique dans ce cas ? Et l’empathie n’est-elle pas la ressource basique du Social Seller ?

Autre débat me semble-t-il, et avant d’y venir, je voudrais indiquer à mon lecteur.trice que la peur est, hélas, l’émotion qui domine nos sociétés occidentales depuis plusieurs siècles. Lire à ce sujet « la géopolitique de l’émotion » de Dominique Moïsi (paru chez Flammarion dans la collection champs actuel), permet de mieux comprendre ce que nous appelons l’impact de notre culture judo-chrétienne. Et cette dictature de la peur (celle qui fige nos actions) provient principalement de l’effet de la mondialisation et de la quête d’identité, d’après Moïsi. N’est-ce pas aussi ce que nous renvoient à la figure nos smartphones et notre Linkedin bien aimé ?… Il suffirait de lire le nombre de post parus ce week-end suite à la tragédie terroriste de Trebes pour vérifier cette évidence. Ne sommes-nous pas émus par ce courage d’un lieutenant-colonel de gendarmerie, qui vient nous rappeler que nous aurions eu peur de mourir à sa place ? La peur d’échouer, la peur d’être jugé sont d’un autre ordre, naturellement. Mais le principe reste le même : éviter de le faire, par peur de…

Mes camarades de jeu, eux, n’ont pas eu peur. Ils ont réussis, et je les en remercie une fois encore, à reprendre en main la conversation avec la salle, pour l’orienter à nouveau sur les bénéfices que procurent la force de s’exprimer avec naturel et passion. Certes, ce n’est pas la garantie de plaire (ni à tout le monde, ni à un nombre impressionnant de personnes – à propos, à partir de combien de lecteurs.trices, devrais-je être satisfait d’avoir écrit ce papier ?… ah ah ah..), mais c’est la certitude d’avoir dit quelque chose qui nous tenait à coeur. Car vois-tu, cher.e lecteur.trice, ce qui me tiens à coeur est de nature à t’émouvoir. Or c’est le principe même de notre éventuelle connexion. Tu peux être touché par mon expression, mon émotion révélée, et tu peux alors décider (toi seul), de te connecter à moi, à mes écrits, à mes histoires et à ma vision romantique du marketing. Evidemment, cela ne fonctionne pas tout le temps ! Ouf ! Imagine un instant que je doive répondre à tous ?… Ca fout les jetons non ?… 😉

Success or happyness

Et c’est à ce moment que revient cette question de l’empathie. Dois-je t’écrire ce que tu veux lire ? Ou dois-je imaginer que ce que tu lis de moi est ce qu’il te plait ?…

Oh !? Quand je repense à ces moments de partage qui nous ont fait passer une si belle journée, j’ai envie de vous embrasser, comme dirait Loïc, sur et hors de la scène ! Non vraiment ! L’idée de publier ici mes réflexions sur la peur du jugement ou de la critique de l’autre, est avant tout tournée vers vous, qui me lisez #oupas. Que vous soyez nombreux, n’y change rien. Que vous soyez heureux et en ressortiez a minima enrichi de votre propre interrogation sur se sujet, me ferait plaisir, assurément. Mais je ne l’écris pas non plus pour obtenir des remerciements, ou des compliments. Ce serait prétentieux autant qu’inutile. Je m’exprime sur ce blog parce que j’aime ça !

Et aussi parce que lorsque je m’imagine avoir quelque chose à dire, je le dis !… Rien d’autre. Je ne prétends à rien. Ni à avoir raison (même si je le pense et si ma passion pourrait vous le faire croire), ni à déclencher un raz de marée de commentaires éblouis ou indignés. Si jamais vous vouliez bien retenir quelque chose de ce que certains appellent un Social Selling Forum, alors dites-vous bien qu’être social, c’est s’exprimer sans crainte de l’autre, justement parce que vous aimez l’autre et que lui parler, lui écrire, ce que vous êtes, est une magnifique manière de lui dire que vous l’aimez.

Et maintenant, arrêtez d’avoir peur : exprimez-vous ! Faites-le !

Merci à Emmanuelle, Danielle, Alexis et Josélito d’avoir partagé ce moment.

PS : pour ceux ou celles qui voudraient savoir combien de mots il faut écrire dans un article pour optimiser son impact… #IdontGiveaFuck 🙂

Cette entrée a été publiée dans : Intuitions, l'humain dans le marketing

par

CEO Eforbrands Consultant / Speaker / Formateur / Auteur du Marketing Emotionnel Fondateur du Club du Marketing Emotionnel - Intervenant pour l'ESSAC, le MSc MBA Inseec Paris et Sup Career en relation client, inbound marketing et stratégies de fidélisation. Auteur des livres : Tout savoir sur Le Marketing Emotionnel aux Editions Kawa - nov 2013 La Fidélité, du chaos à la zone de confort aux Editions Kawa - Janv 2017 Fondateur de LePartenariat et Eforbrands Rédacteur du blog du partenariat et du blog marketingemotionnel.com

2 commentaires

  1. Que le Dieu Algorithme soit avec toi et qu’il t’accompagne dans un networking fructueux sur nos merveilleux réseaux… nan je blague 😉
    En tout cas superbe partage, lu goulûment !
    Mais Patrice, il y a pire que la peur : c’est la peur d’avoir peur. Car avoir peur c’est sain, cela fait partie des émotions qu’il ne faut pas refouler et qui lorsqu’on les affronte, nous grandissent, nous poussent à trouver d’autres voies. Ne pas avoir peur est d’ailleurs le signe d’une complète vacuité. Ou d’une totale inconscience. Alors voilà, en te lisant j’ai surtout visualisé des gens qui avaient peur d’avoir peur… Parce que la peur va justement ouvrir d’autres portes : elle annonce des trucs vachement nouveaux qui vont nous tomber dessus 😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s