Intuitions
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Brand Content : faut-il s’extraire de la réalité ?

Je te vois perdu dans le brouillard matinal, et j’ai envie de te tendre une main pour avancer sans crainte dans cet océan cotonneux de contenus plus ou moins séduisants que tu trouves sur ton chemin. Tous n’ont pas une finalité claire. Certains sont d’une prétention embarrassante. Je comprends qu’on puisse s’égarer dans la lecture des commentaires ou se laisser happer par un lien malicieux.

Alors si tu n’es pas cette Alice, dotée d’une curiosité et d’une soif d’aventure peu communes, comment éviter de quitter cette réalité du business d’abord, qui guide tes pas ?

Attends un peu… Et si ton objectif était justement de sortir de ton trou, de glisser ta clé dans une serrure inconnue et d’entrer discrètement dans un univers nouveau, intriguant et séduisant à la fois, ne serait-ce que pour le bruissement de la porte qui s’ouvre et te fait frissonner ? Tu commences à lire, et bientôt tu suis ton guide, ce héros, cette narratrice, dans les méandres de l’histoire qu’il ou elle ‘t’invite à vivre à leurs côtés. Or c’est précisément ce que tu n’as jamais le temps de faire pris par ton rôle de producteur de contenus. Généralement l’entreprise pour laquelle tu travailles, exige de toi que le message soit orienté sur les avantages clés de tes solutions. On s’attend à un call to action bien pensé pour créer un premier engagement qui conduira le lecteur directement dans les entrailles du CRM prêt à le qualifier de lead à la première manifestation d’intérêt. Imagine un instant la tête d’Alice, au moment où tu l’appelleras sur son portable pour lui avouer que le voyage au pays des merveilles est terminé et que tu lui proposes un rdv pour étudier son besoin !…

Alors quand un client te demande d’être un peu plus personnel, un peu moins corporate dans son expression, ses prises de paroles, tu sens que les nuages se dissipent et que le ciel sera plus bleu. Parce qu’après tout, quel que soit le business pour lequel nous travaillons, nous restons des humains en quête d’aventure et d’incertitude. Avant de nous installer à la table de la reine de cœur, il est important de faire le tour du propriétaire, de laisser nos pieds décider du parcours que nous prendrons. Flécher, orienter, marquer d’interdit certaines voies ou laisser errer le lecteur dans un impasse est probablement perdre son attention. Un peu comme ce presque lead qui débarque en un clic sur un formulaire trop intrusif pour être réellement bienveillant. Prendre la fuite ! Sortir de ce guêpier ! Tant pis si l’on a cru que l’aventure aurait pu être heureuse, il y a urgence à se protéger de la déception. Pourtant, nous avions le temps. Pourtant nous étions prêts à voyager ensemble pour aller plus loin. Pourquoi interrompre cette rêverie ? Pourquoi couper court pour surgir hors du buisson et présenter une promesse, une offre, un bon de commande ?

La question que nous nous posons sans cesse, est la prétendue nécessité d’une fin dans l’histoire. Dans notre apprentissage de la vie, nous avons appris à redouter la fin mais aussi à la guetter. Elle est tour à tour cause de notre chagrin et délivrance d’un intenable suspense. La chute de l’histoire peut même être drôle et nous plonger dans l’hilarité. L’arbitre siffle la fin du match, l’artiste ne reviendra pas pour une troisième rappel et le tour de manège se termine dans les larmes amères des enfants. La fin lorsque nous la subissons n’est guère joyeuse. Mais il arrive qu’elle nous surprenne, qu’elle soit vraiment inattendue, improbable, impossible à imaginer, et avouons-le, c’est ce qui la rend désirable et magnifique.

Tu t’avances maintenant plus sur de toi. Je te sens rassuré. L’horizon se dégage et lorsque tu regardes par la fenêtre de l’avenir, tu souris. Pourtant, nous devons rester prudent encore. Il reste des choix à faire, des décisions à prendre, des carrefours à traverser. Alors tu entendras sans doute cette voix qui t’avertit que rien ne sera définitif. Tout n’est pas dans les mains de l’auteur. Sa plume t’a accompagné mais n’est-ce pas à toi de terminer le voyage ?

Pour ceux qui croient que l’autre décide en pleine conscience et que notre mission n’est autre que d’éclairer les différentes routes qui s’offrent à lui, la fin ne s’écrit pas. Elle est déjà le début d’autre chose. Elle est la porte d’entrée vers une nouvelle relation, une histoire différente dont nous aurions trouvé le passage dans le temps.

Vient alors ce moment où tu dois dire au revoir. Crois-tu que ce soit la fin ? As-tu peur de quitter ? Qui t’empêche d’imaginer une suite, heureuse pourquoi pas, selon tes propres envies ou désirs ? Tu comprends alors qu’il n’est pas toujours utile de préciser le mot de la fin, ou le fin mot de l’histoire. Chacun en décidera, le moment venu.

Lorsque tu écris un contenu pour le donner à lire à l’autre, accorde lui ce pouvoir d’imaginer la fin. Imposer une fin le ramènerait immanquablement à sa réalité. Est-ce ce que tu souhaites ?

Merci !

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CEO Eforbrands Consultant / Speaker / Formateur / Auteur du Marketing Emotionnel Fondateur du Club du Marketing Emotionnel - Intervenant pour les MSc MBA Inseec Paris et l'ISCOM en marketing émotionnel, stratégies de fidélisation, relation client... Auteur des livres : Tout savoir sur Le Marketing Emotionnel aux Editions Kawa - nov 2013 La Fidélité, du chaos à la zone de confort aux Editions Kawa - Janv 2017 Marketing ZERO avec Philippe Guiheneuc, chez 1min30 publishing - juin 2021 Fondateur de Eforbrands et de LePartenariat Rédacteur du blog marketingemotionnel.com

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