Intuitions
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Pourquoi le marketing n’est pas une science…

C’est la rentrée pour mes chers étudiants… Et certains me réclament déjà de la lecture !…

Pour bien commencer, je vous propose de vous replonger dans la théorie du chaos. Courant de pensée des mathématiciens depuis plus d’un siècle, cette vision est connue par l’expression de Lorentz en 1963 la résumant ainsi : « le battement d’aile d’un papillon au Brésil peut provoquer une tornade au Texas ». Elle exprime la certitude mathématique du déterminisme de l’univers, déjà avancée par Henri Poincaré, mathématicien français au début du vingtième siècle, qui mettait en évidence la fragilité des prévisions de tout ordre et en particulier des modèles mathématiques.

En effet, comme Poincaré le révèle, tout dépend des hypothèses de départ, qui appliquées à la modélisation de l’univers, peuvent engendrer des résultats tout à fait différents (voire opposés) : « Une cause très petite, qui nous échappe, détermine un effet considérable que nous ne pouvons pas ne pas voir, et alors nous disons que cet effet est dû au hasard. Si nous connaissions exactement les lois de la nature et la situation de l’univers à l’instant initial, nous pourrions prédire exactement la situation de ce même univers à un instant ultérieur. Mais, lors même que les lois naturelles n’auraient plus de secret pour nous, nous ne pourrions connaître la situation qu’approximativement. » 

Alors pourquoi nos chercheurs en marketing, misent-ils toutes leurs ressources sur la prévision ? Pourquoi investir si massivement en systèmes d’information sophistiqués lorsque nous savons depuis un siècle qu’une infime variation dans les paramètres peut avoir des conséquences énormes ?

Les marketeurs auraient-ils oublié leurs cours de mathématiques ?… Le comportement d’un individu et donc d’un client ne serait prévisible que si nous connaissions tout de son passé, avec une marge d’erreur nulle (ce qui n’en déplaise au vendeurs de solutions informatiques, n’est pas prêt d’arriver). Tout autre niveau de connaissance laisse place à l’imprévisible. Tout est relatif comme nous l’enseigna Albert (Einstein pour les intimes) : « Pour autant que les propositions de la mathématique se rapportent à la réalité, elles ne sont pas certaines, et pour autant qu’elles sont certaines, elles ne se rapportent pas à la réalité. »

Un bon début non ?…

Pour en revenir au marketing, il y a 6 ou 7 ans, Nokia était le modèle absolu d’entreprise du succès en Europe, tandis que naissait la folle (et prétentieuse ?) aventure  prévue comme un flop à venir de l’Iphone…

Merci d’arrêter de nous vendre des prévisions ! L’intelligence marketing est ailleurs…

Place au marketing émotionnel !

Cette entrée a été publiée dans : Intuitions

par

Consultant / Speaker / Formateur / Auteur du Marketing Emotionnel Fondateur du Club du Marketing Emotionnel - Intervenant pour l'ESSAC, le MSc MBA Inseec Paris et Sup Career en relation client, inbound marketing et stratégies de fidélisation. Auteur du livre Le Marketing Emotionnel aux Editions Kawa Fondateur de LePartenariat Rédacteur du blog du partenariat et du blog marketingemotionnel.com

2 commentaires

  1. CAILTEAU dit

    On essaie de capter un maximum de comportements potentiels d’individus sans comprendre qu’on est face à une somme d’individualités. Sacré paradoxe !

    • En effet ! Le consommateur individu est chaotique !… j’y reviendrai plus tard. Et il n’est pas destiné à être une inconnue dans une équation mathématique, même si on a tenté de le transformer en X puis en Y (selon les générations). Amusant non ?

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