Comme je le disais à Sélenne de l’agence FHCom, il ya des marques que j’aime bien et La Laitière de Nestlé en fait partie, d’autant que j’adore la crème au chocolat (ou au café, ou au caramel…). Bref !
Sortir ce dimanche une campagne publicitaire sur les choses qui nous rapprochent à quelque chose de… spécial. Prémonitoire tu crois ? Alors les gens qui passent le nez coincé sur un réseau social pour y voir des images d’une rare violence, vont ils à la fin se retrouver pour déguster un yaourt à la fraise ensemble ? Pas sur…
Tu vois, faire du marketing, repositionner une marque sur ce qui nous manque davantage qu’un bon produit, et affirmer qu’ensemble c’est meilleur, c’est difficile. Cela peut tomber comme un cheveu dans la crème.
Nous savons bien qu’aujourd’hui, il est très difficile de résister à la tentation des écrans et des distractions qui rythment nos vies. L’idée n’est pas de s’y opposer, mais simplement de créer une petite prise de conscience. Si cette campagne nous fait lever la tête ou nous permet de décrocher, ne serait-ce qu’un instant, pour partager un vrai moment avec ceux qu’on aime, alors La Laitière aura réussi sa mission.
Julien Bredontiot, directeur créatif chez Ogilvy
Espérons que la mission soit aussi de nous faire plaisir, en mangeant un bon dessert. J’aime les desserts, tu sais.
La Laitière a été réélue Marque préférée des français en 2026. Tant mieux !
Je crois qu’une stratégie de marque doit s’inscrire dans son temps, son époque. Dans le cas présent, je ne suis pas certain que notre laitière du temps ancien apprécie le chaos du temps d’aujourd’hui. Alors je suis un peu dubitatif face à ce message qui vient percuter une actualité anxiogène.
Et si nous étions tentés de nous réfugier dans ce qui a toujours uni les générations : la table !…
Le sourire de la laitière nous aidera peut-être à mieux vivre. A vivre ensemble, c’est moins évident… On a envie d’y croire !
S’il s’agit d’un engagement social, d’une volonté de dépasser nos conflits, nos différences, on peut souscrire à cette forme de bonne volonté affichée. On peut aussi douter. S’imaginer que la ficelle est trop grosse, et que ce n’est pas vraiment la place d’une marque. Fonction de sensibilité sans doute. Il y a des fractures que l’on ne soigne pas avec du yaourt, aussi bon fut-il.
Mais il y a des messages qui ont le mérite de nous détourner des faillites sociales que nous redoutons et que nous subissons. Les marques que nous aimons, sont aussi là pour nous soutenir. Pour nous aider à savoir qui nous sommes encore.
C’est aussi pour cela qu’on les aime.

