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L’Engagement des marques, faut-il y croire ? #oupas

Quand on aime doit-on en faire la preuve ? Les fameuses preuves d’amour, sont importantes pour qu’on les voit, pour que les autres puissent les apprécier, les recevoir comme telles. Mais qu’en est-il de nos croyances ? Ainsi lorsqu’on demande aux marques de faire la preuve de leur engagement, n’est-ce pas signe que nous ne leur faisons pas vraiment confiance ? Lorsque j’affirme être un marketer engagé, est-ce que vous pourriez me croire ? Sans doute pas davantage que si j’affirme que l’une de mes valeurs clés est l’impertinence. Mais pas moins non plus !

Ah ! Tu es dans le doute cher.e lectrice.teur et c’est bien normal. Avoir publié 852 articles sur ce blog, est-ce une preuve de ma passion pour le marketing, de mon engagement à aider les autres, ma communauté ou simplement toi, à devenir meilleurs (dans cette discipline en tout cas) ? Fallait-il en arriver là, d’ailleurs ? Est-ce qu’il faut encore continuer à publier pour que tu puisses me croire ?

En lisant Seth Godin ce matin, sur son blog, je comprends un point clé du marketing de demain : nos croyances déterminent nos actions. Sans doute qu’une preuve supplémentaire contribuera à renforcer la croyance, mais la croyance ne se nourrit pas de la vérité. Ah bon ?

Seth m’interpelle lorsqu’il me pose cette question : la croyance est-elle utile, peut-elle m’aider dans la vie ? Et pourquoi aurait-elle besoin d’être vraie ? En principe si je que à quoi je crois est une vérité (y compris vérifiée scientifiquement), alors ce n’est plus une croyance mais une vérité. Il ne s’agit plus d’y croire mais de l’accepter. Autrement dit lorsque je crois que le café vanté par Georges Clooney est le meilleur du monde, je n’ai aucunement besoin, ni même envie, que ce soit vrai. J’y crois et basta ! A quoi servirait un engagement de la marque à sélectionner les meilleurs grains de café de la planète, à me prouver (mais comment ?) que cette affirmation est bien admise et réelle pour une énorme majorité de gens (y compris des gens très sérieux) ?

A rien sans doute. What else ?

Alors quand Anne me répond en commentaire que si l’on a des preuves c’est plus facile de croire une marque qui prétend agir pour la préservation des océans, je suis à la fois d’accord et sceptique. Je me demande si la confiance nait des preuves ou de ma croyance naïve. La transparence en revanche me semble indispensable. Car j’ai besoin de voir les choses ou les gens. Hier Jean-Denis m’a fait cette remarque qu’il trouvait un peu trop mis en avant les deux fondateurs des mini-mondes dans leur vidéo, et je lui ai répondu que l’on ne peut pas leur reprocher cela, tant il est important pour qu’on puisse croitre en cette marque, qu’elle soit incarnée. Voilà bien la preuve (mais tu n’es pas obligé de me croire) que les voir suffit à établir une croyance positive, une confiance en eux. En prime, si François les accueille sur son bateau, c’est certainement qu’ils sont sympas et responsables à la fois. Croyance encore, déportée sur celle d’un skipper connu et reconnu pour ses valeurs, et que l’on ressent à l’image.

Dans un monde de fake news et de théorie du complot, ce en quoi nous croyons vraiment, ce que nous pouvons croire, est crucial pour notre santé mentale. Croire l’engagement des marques, de certaines marques, nous aide. Mais les marques qui investissent toute leur énergie, leurs moyens de communication à faire la preuve de leur bonne foi, de leur engagement véritable, de leur authenticité, sont-elles crédibles ? Marc m’en a fait la remarque hier lors d’un déjeuner célébrant la créativité libre, il n’est pas nécessaire de prouver ce que tu es. Il appartient aux autres d’y croire.

Aussi, je le crois, et tu n’es pas obligé de me suivre, cher.e lectrice.teur, que la marque devrait se concentrer sur la qualité des histoires qu’elle raconte bien davantage que sur leur réalité. Entendons-nous bien, si l’histoire est qualifiée d’histoire vraie, elle n’en sera pas moins un récit (et donc une altération d’une vérité observée) ; elle aura peut-être plus de force, elle sera racontée avec plus d’intensité. Finalement l’histoire engagera l’audience, #oupas.

Préfères-tu une belle histoire ou une tranche de vérité ? Si tu demandes au prince charmant ou à la princesse charmante, de prouver qu’il ou elle l »est, tu seras forcément déçu.e un jour ou l’autre. Alors ?

Une marque engagée est une belle marque. Elle agit pour le bien. Nous devrions la croire jusqu’à preuve du contraire. Les consommateurs, les clients ont tous les moyens de trouver les preuves du contraire ; vous pouvez leur faire confiance pour ça. Il en va toujours ainsi pour nos croyances. Un jour ou l’autre, le monde change et nous y trouvons ce quelque chose qui nous remet en question. La croyance est rarement éternelle, au contraire de nos histoires les plus folles, les plus inspirantes, les plus engagées.

Racontez une histoire que vos clients, que ceux qui vous aiment pourront ou auront envie de croire et tout ira bien.

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CEO Eforbrands Consultant / Speaker / Formateur / Auteur du Marketing Emotionnel Fondateur du Club du Marketing Emotionnel - Intervenant pour l'ESSAC, le MSc MBA Inseec Paris et Sup Career en relation client, inbound marketing et stratégies de fidélisation. Auteur des livres : Tout savoir sur Le Marketing Emotionnel aux Editions Kawa - nov 2013 La Fidélité, du chaos à la zone de confort aux Editions Kawa - Janv 2017 Fondateur de LePartenariat et Eforbrands Rédacteur du blog du partenariat et du blog marketingemotionnel.com

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