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Faut-il être bon pour faire le bien ? #marketing4good #Oé

Du bio, du beau, du bien, du bon vin ! Oui ça m’envoie une image noir et blanc d’un métro parisien filant dans des sous-terrains sombres et qui m’a fait découvrir la force d’un message répétitif et aisément mémorisé… Mais nous sommes désormais dans l’ère de la digitalisation des entreprises et parallèlement de leur responsabilité sociale. A l’instant, on parle ailleurs du nudge comme d’une science de l’influence non manipulatoire (est-ce possible ?), et je me demande si le pouvoir percutant d’un bon c’est bien n’est pas en soi, une incantation à la positive attitude ?

Oé Oé, me répondra-t-on ! En lisant l’interview du co-fondateur de Oé, une DNVB (non je ne vais pas t’expliquer cet acronyme so trendy dans le marketing et les fonds d’investissements), j’apprends qu’il ne fait pas de marketing et que le bouche à oreille suffit lorsqu’on est labellisé BCorp. Ah ?

Bon d’accord, à investi sur une marque, souligne ses engagements pour nous fournir du vin qui ne nuise pas à la planète, ni à notre santé, et qui respecte les producteurs vignerons qui font du bio. C’est cool ! Evidemment Oé vend 70% de sa production à des restaurateurs (qui sont fermés depuis longtemps) qui voient là une magnifique opportunité d’afficher des valeurs tout en multipliant par 3 ou 6 le prix d’une bouteille d’un vin basique. Non pas qu’il ne soit pas bon, mais davantage parce que le goût passe au second plan pour ceux qui veulent faire le bien. J’aime l’idée que l’on valorise les vignerons respectueux de nos sols, de nos estomacs et j’adore leurs visages souriants et rassurants qui illustrent la volonté claire de l’entreprise Oé.

Thomas, nous explique aussi que les étiquettes, la livraison, les bouteilles, tout est examiné sous l’angle de la responsabilité environnementale et que changer les mentalités et les habitudes exige d’être hyper vigilant. Tout est à améliorer, et c’est bon de le savoir.

Mais comment peut-on faire le bien ? En étant bon ? Bon comment ?

Les (bonnes) pratiques d’une entreprise sont-elles une garantie que le produit vendu sera bon ? De la même façon, un tee-shirt réalisé en coton responsable, serait-il beau ? Quand tu te rendras sur le site Oé, tu chercheras ce qui accompagne classiquement la présentation d’un vin : les notes gustatives, la comparaison raisonnée avec les standards du cru, de l’appellation, bref, ce qui te permet de situer le breuvage sur la palette de ceux qu’apprécie ton palais. Or rien de tout cela n’est visible car chez Oé, ce qui compte c’est le vigneron et son engagement bio et respectueux. Autrement dit;, le produit, ce P pilier du marketing d’antan, est totalement passé sous silence. Reste l’engagement et la personnalité d’un producteur, comme garanties du bon et du bien à la fois.

Tu avoueras que l’on joue ici avec ta confiance et (sans doute aussi) ta naîveté de testeur de vin. Si tu t’y connais davantage, si tu as suivi quelques cours d’oenologie, si tu as un peu de bouteille, je ne suis pas certain que tu achètes un côtes du Rhone Oé aussi facilement. Question de statut ? Question de valeurs ? Selon que tu souhaites afficher ton engagement pour le bien, pourras-tu renoncer à la recherche du bon ? Cruel dilemme !

A moins que le concept Oé te séduise justement parce qu’il tente d’instaurer ce nouvel équilibre entre bon et bien. Tu choisis alors ce qui te sembles bien et ce qui est suffisamment bon pour toi. Une sorte de rapport bien/bon qui justifierait ton achat. Une nouvelle dimension marketing que l’on voit se développer chez ceux qui prétendent ne pas en faire !?… Alors engagement altruiste ou nudge marketing déguisé pour séduire investisseurs et clients ?

Je ne remets absolument pas en question la profondeur de l’engagement de Thomas et de son entreprise. D’autres se chargeront de vérifier qu’elle n’exploite pas ce nouveau filon qui s’ouvre aux entrepreneurs : une responsabilité élevée au rang de seul critère de décision d’achat. Faire de la trottinette électrique c’est bon pour la planète, mais est-ce un progrès dans la mobilité urbaine ?

Question goût, je crains fort que le bien soit parfois l’ennemi du bon. Et vous ?

#onenparle ?

PS : question marketing, je suis certain que faire le bien est la seule vraie priorité, dès lors que le produit est bon.

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CEO Eforbrands Consultant / Speaker / Formateur / Auteur du Marketing Emotionnel Fondateur du Club du Marketing Emotionnel - Intervenant pour l'ESSAC, le MSc MBA Inseec Paris et Sup Career en relation client, inbound marketing et stratégies de fidélisation. Auteur des livres : Tout savoir sur Le Marketing Emotionnel aux Editions Kawa - nov 2013 La Fidélité, du chaos à la zone de confort aux Editions Kawa - Janv 2017 Fondateur de LePartenariat et Eforbrands Rédacteur du blog du partenariat et du blog marketingemotionnel.com

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