Tu le sais, les marques de luxe ont les moyens de leurs ambitions. Alors, leurs actions marketing, leurs campagnes de lancement de produit ont quelque chose en plus que beaucoup regardent avec envie. Jalousie crois-tu ? Dans le cas des parfums c’est sans doute encore plus visible, tant le marché est énorme, mondial et porté par quelques marques sublimes.
Ainsi, j’ai découvert en Asie, là où le luxe est parfois trop présent, comment Chanel présentait le nouveau Coco Mademoiselle. C’était dans un mall et non dans un centre commercial à la française dans lequel tu passes de Normal à Zara, en évitant de justesse Etam ou Optic 2000. Ici il y a des espaces gigantesques entièrement consacrés aux marques de luxe avec des boutiques simplement géantes.
Et donc, hors boutique, comme un pop-up store en plein coeur du shopping mall de luxe, Chanel a installé un « café » – excuse my French ! Un lieu de rencontre et d’expérience qui pourrait accueillir une trentaine de personnes sans aucun souci. Un lieu qui propose des « activités » et bien sûr un « café » que l’on peut déguster en lisant le journal édition spéciale Coco crush. Tu pourrais me dire que tu connais le concept, et je te l’accorde, dans le principe, rien n’est vraiment révolutionnaire.
C’est le raffinement, l’attention portée aux détails qui fait la différence. Ici, tout est orchestré et exécuté avec un soin et une précision hors norme. Le staff est briefé, avant la grande ouverture et l’afflux de visiteurs, les influenceurs.euses, sont invitées à passer dans la booth pour photo call. Tout va bien !
Je te raconte ça parce qu’il me semble que nous aurons toujours besoin d’être émerveillé. Pas seulement en allant à Disneyland, mais en accédant à des expériences luxueuses, pour pas un euro. Rendre le luxe accessible, me parait une idée bizarre depuis aussi longtemps que je fais du marketing, et quelque part, ce n’est pas ce que je dirais à une marque comme Chanel. Mais nous faire rêver quelques minutes en nous immergeant dans un monde féérique, est une belle mission pour cette marque. Elle le fait tout en douceur et en respect de chacun, ce qui est essentiel.
Je ne suis pas un influenceur, ni un ambassadeur de la marque, mais j’ai été touché par la mise en scène, la disponibilité des personnes, la gentillesse « gratuite » et cela m’a donné envie de partager ce moment avec toi, cher.e lecteur.trice.
Tu vois quand Eve cite le philosophe écossais David Hume dans son essai sur la fidélité, pour nous rappeler que « nous ne sommes jamais libres de n’avoir aucune habitude. Tout ce que nous pouvons c’est tâcher de choisir celles que nous contractons« , je pense à cet instant magique que la rencontre nous propose, et qui se grave dans nos mémoires, voire dans nos coeurs. La qualité de la rencontre fait beaucoup dans le processus de préférence, peut-être même davantage que l’habitude prise et son emprise sur nos décisions.

Il suffit souvent d’une rencontre pour tout changer. Bouleverser nos références, anéantir nos préférences et créer de nouvelles envies. Tout cela part d’un moment. Savoir le créer est un luxe.
Je crois profondément que les marques ont ce pouvoir. Celui de nous séduire en proposant de sortir du brouillard quotidien pour nous plonger dans des scénarios imprévus, des univers oniriques, des jeux et des conversations sans conséquences, sans impact social ou économique, pour le simple bonheur d’exister.
Penser mécanisme, tactique, rétention, captation de l’intention, automatisation des actions, c’est oublier la poésie du moment. Je crois que chaque marque devrait trouver le moyen, à son échelle, de proposer quelque chose à ses clients, à ses collaborateurs et à celles et ceux qui le souhaitent, de vivre un instant de poésie.
#etriendautre


