Auteur : Patrice

Dis Siri, c’est quoi une histoire ?

Tu peux demander à ton smartphone à la pomme, mais je ne suis pas certain qu’il identifie correctement la Siri en question. Oui dans ce message Siri n’est pas un homme mais bien une femme écrivain. Et l’auteure américaine de nombreux livres passionnants, et notamment de Un été sans les hommes, nous plonge dans son dernier essai dans l’esprit même de la littérature. Ecrire c’est beau, mais pas toujours simple. Ecrire bien, c’est mettre beaucoup de soi dans un texte qui ne prendra vie que sous les yeux et dans le cerveau de ses lecteurs. Fantasme de l’écrivain qui aimerait être lu par certains et pas par n’importe qui… Alors lisons ensemble un peu de Siri : « L’idée reçue est la grande ennemie de la pensée et de la créativité. L’écrivain qui tire son matériau des lieux communs de la culture contemporain est condamné à l’oubli, si célèbre soit-il de son vivant En tant que lecteurs, nous devons garder de ne pas plaquer ces mêmes lieux communs sur les livres que nous lisons. Ils peuvent …

Les marques qui font du bien #ep30

A la rentrée, tu as d’autres soucis en tête que de t’intéresser aux marques. On est d’accord ! Mais elles, continuent de s’intéresser à toi, à nous. Normal. Et puisque depuis ce matin, nous sommes en deuil de The Queen, j’ai envie de partager avec toi des initiatives plus heureuses. Rien de fou mais des trucs qui font du bien. 1 – Heinz vend des taches avec ThredUp Tu te souviens ? C’était peut-être hier… et tu as fait une grosse bonne tache sur ton top tout neuf, ta chemise ou ta cravate spéciale rendez-vous client, ta jupe, ton short, bref, la loose… Alors une tache de ketchup (je te dirais bien que tu n’as que pas en mètre sur tes frites ou dans to burger… mais je sais que tu aimes ça), et là c’est vraiment très mal. Parce que ça se voit trop. Parce que tu as beau mettre de l’eau, frotté énergiquement, ça se verra encore à la réunion de 17h ou à l’apéro avec tes potes. C’est mort ! Alors imagine …

La stratégie du char à voile ou comment faire des likes ?

Depuis le temps que j’écris pour des marques, des dirigeants, et même pour mes lecteurs, j’aurais pu y penser. Tu parles d’une blague de footeux et hop, tu déchaînes la foule des haineux, de ceux qui pensent que seuls des crétins sans cerveau et sans âme peuvent pratiquer ce sport (le premier sur notre planète). Magnifique ! Tu es certain de faire des likes, bien plus que tout article publié sur ce blog et lu par… ok laisse tomber ! Je vais te le dire sans que tu puisses constater à quel point je suis consterné par la facilité et le ridicule provoqués par ce que j’ai pu lire ce matin. D’abord, si tu n’as pas joué au foot sérieusement, tu ne peux pas comprendre ce milieu. Si tu ne connais rien au sport de haut niveau, tu devrais éviter de considérer que ton avis sur le moyen de transport est recevable. La vraie question est la récupération, et figure-toi que le temps est la clé principale sur ce point là. Alors tu cries sans …

La sobriété est-elle le nouveau défi du marketing ? #oupas

Pour une fois le mot est bien français. Sobre, concis, précis. Etre sobre, c’est aussi une éthique de vie. Mais le marketing peut-il adapter ce concept, alors qu’il est par nature exubérant, exagéré, boursouflé par l’emphase du moindre avantage concurrentiel ? Alors si les entreprises doivent devenir sobres, en matière de consommation d’énergie ou d’eau, de matières premières non renouvelables ou recyclables, d’impact sociétal en arrêtant de participer à la sur-consommation générale, doivent-elles aussi réduire, et pourquoi pas supprimer leur budget marketing ? Tu te doutes que je vais te répondre par la négative. Et j’ai forcément envie de te contredire (j’adore cela, tu le sais) ou de te surprendre en nous posant réellement la question. La sobriété serait nécessaire et n’aboutît pas (toujours) à l’abstinence. Tu pourrais réfléchir à éliminer de tes actions toutes celles qui ne sont pas essentielles. La chasse au superflu, tu l’a déjà menée, sous l’angle de la restriction et des arbitrages budgétaires. Mais la question est ailleurs. Désormais, il ne suffira plus de réduire les investissements média, de couper …

Pourquoi j’aime les marques qui ne cochent pas toutes les cases ?

L’amour n’est pas objectif. Autant te le déclarer de but en blanc, Cécile, je suis d’accord avec toi. Il n’y a pas de discussion possible, nous n’aimons toujours pas les mêmes gens ni les mêmes objets. Alors pourquoi devrions-nous aimer les mêmes marques ? Pourtant, depuis que le marketing a pris la mesure du pouvoir du client / du consommateur, les marques se sont rapprochées de lui, et se sont mises à étudier ses comportements, ses goûts, ses préférences. Une étude devenue permanente avec l’arrivée du digitale et de la fameuse Data, qui nous en dit long sur ce que nous aimons, parait-il. Reste alors à peaufiner le parcours, préciser les avantages clés, les points de friction évitables, et à mettre en place les promesses décisives avec une dose d’émotion à faire pleurer un moine tibétain. Le manuel de l’expérience client que nous aimerons à coup sûr, est déjà écrit et lu par tout le monde. Tout va bien se passer. Tu crois ? Le client sort au moment opportun sa check-list et coche les …

Quand l’expérience client meurt faute de combattant… #CX

La fameuse expérience client peut-elle mourir dans ce contexte de désillusion généralisée pour les métiers de service ? De retour d’un voyage dans l’Amérique de l’Ouest, je me pose cette question, non sans tristesse pour ceux et celles que les USA inspirent encore. Evidemment, l’expérience du voyageur n’est pas celle de tous les jours. Naturellement, en attente de moments le rapprochant de la perfection d’une vie sans contrainte, le touriste a une forte tendance à exagérer le moindre désagrément. Il note sévèrement tout manquement à son bonheur couteux. Mais, objectivement, après deux ans sans sortir de l’hexagone, il me reste comme un parfum de déception au moment de faire un bilan des expériences vécues. Les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration souffrent partout et aux Etats-Unis aussi. Il en va de même dans le retail, dans la distribution, les banques et c’est aussi la cas dans les musées ou autres lieux publics : le manque de personnel est flagrant. Or, pour offrir une expérience au client, il conviendrait pour commencer, par le prendre en …

Je suis prête à souffrir pour des instants de bonheur #oupas

Lorsqu’elle m’a dit ça. Panne ! Silence embarrassé. Panique dans mon cerveau. Prête à souffrir ? Ne me dis surtout pas que tu aimes ça, mon choux…. C’est quoi ta vision d’une expérience heureuse ? Tu reprends ta respiration, tu essuies cette gouttelette de sueur qui perle sur ton front, et tu réfléchis en marketer émotionnel, pour tenter d’analyser ce bonheur paradoxal (merci Gilles Lipovetsky). Le client est-il prêt à souffrir pour vivre un moment de bonheur avec toi, ta marque, ou ton produit ? Evidemment ! Il se perd sur la toile, courre dans un magasin surabondé, se rue dans le métro pour l’ouverture des soldes, fait la queue pour payer, se rend chez l’épicier sus la pluie pour retourner ce qu’il a commandé en trop, bref, il galère. C’est beau à voir. Vraiment ? C’est intrigant de constater qu’il y a cette nécessité d’une tension pour mieux profiter du rebond extatique qui la suit. Dans nos relations humaines, nous valorisons ces ascenseurs émotionnels en soulignant que notre fidélité, notre résilience, en sortent grandies. …

Le service sur un plateau #CX

Le client est exigeant. Il s’attend toujours à un service de qualité supérieur à son historique d’expériences. Chaque fois, il imagine que l’on va le reconnaitre, se souvenir de ses préférences, de ses goûts, de ses manies et que tout cela permettra une fluidité relationnelle appréciable. Alors il s’installe dans le confort et ne tolère que très difficilement que quelque chose, un détail insignifiant vienne perturber son rêve cotonneux. Est-ce bien raisonnable ? Du côté de celui qui délivre ce service, la pression est énorme. Non seulement le service doit être au top dès la première fois, mais il doit aussi continuer à progresser au fil des prochaines visites, des prochaines interactions avec ce client qui en redemande. Ouf ! Que tu aies du mal à supporter 37 minutes de musique d’attente se comprend facilement. Si tu as craqué avant, tu considèreras que le plateau de la relation client n’est pas performant pour traiter ta demande de modification de ta commande. Si tu as attendu patiemment, tu constateras qu’une solution a finalement été trouvée et …

Experience client : pourquoi l’espace ancre le temps dans la mémoire ?

« L’espace ancre le temps dans la mémoire. » Page 199 de Que sommes-nous, un essai sur la condition humaine signé par l’immense Siri Hustvedt. Au-delà de la compréhension de ce que l’imaginaire et la mémoire sont différents bien que très étroitement liés, au-delà du fait établi par la science que l’expérience imaginaire demeure une expérience, il y a la temps et l’espace. Or si le temps est une dimension que l’humain a beaucoup de mal à appréhender tant elle est variable, extensible, diluée, déformée, insaisissable, et culturelle, l’espace est sans aucun doute plus concret. Où sommes-nous est une question nettement plus facile que que ferons-nous demain ou même dans 5 minutes. Les pieds dans la terre, la tête dans les nuages. Le sol. La gravité. Nous sommes là où trainent nos pieds, où nous ramènent sans cesse nos pas. Quand ? Quand sommes-nous allés dans ce restaurant la dernière fois ? Quand nous sommes-nous rencontrés ? Ces dates, ces repères dans nos calendriers affectifs sont marquées par l’espace, au sens du lieu. Nous nous souvenons parce …

Marketing de plage : don’t call me beach ! #Jennyfer

Il fait tellement chaud aujourd’hui que j’ai l’impression d’être ce petit garçon sur la plage à qui on a interdit d’aller dans l’eau. C’est cruel ! J’adore les vagues de l’océan, la liberté de nager vers le large sans regarder derrière moi avant que les centaines de personnes allongées sur leur serviette ne deviennent de minuscules insectes. Et puis je suis encore au bureau, et brutalement, innocemment, j’ouvre un mail qui me dit sans détour aucun : don’t call me beach ! Wahou ! Aussitôt je comprends que cette marque qui hante les nuits et le week-end de mon ami Laurent, a poussé l’audace un peu plus loin pour aller chercher sur les plages son public de jeunes filles rougies par le soleil caniculaire de juillet. Quelle idée ! Laurent, toi qui pensait pouvoir faire un break pendant les vacances d’été, voilà que la marque préférée de ta fille vient jusque dans le sable pour te martyriser. Loose ! Pourtant, je suis certain que d’autres trouveront l’idée sympathique. Un van fraichement coloré, gentiment installé en …