Tous les articles classés dans : cinéma et émotions

Action ou vérité ? le consommateur est-il un acteur ? #birdman

On peut voir Birdman comme une tragédie ou l’interpréter comme un envol triomphal de la vérité sur la vision hollywoodienne d’un monde assujetti à l’impérialisme culturel nord-américain. On peut croire aux angoisses asphixiantes de Riggan Thomson (Michael Keaton extraordinaire dans ce rôle) lorsqu’il joue sa carrière sur une pièce de théâtre. Un drame intimiste et intellectuel de Carvers qu’il espère lancer à Broadway pour se débarrasser, enfin, de son passé d’homme-oiseau super héros masqué qui lui a pourtant valu notoriété et fortune. On peut aussi croire sa fille ou son ex-femme, qui n’ont pas goûté son absence permanente. On veut surtout penser qu’entre jouer un rôle sur une scène face au public et vivre une vie d’adulte épanoui et sociable, il y a parfois un (grand) écart… Où est donc la vérité ? Faut-il en être obsédé dans sa façon d’interpréter un rôle, comme le suggère Mike (Edward Norton) ou doit-on être authentique et sincère dans chacun de ses actes dans la vie (comme le voudrait Sam – Emma Stone) ? Etre acteur, n’est-ce pas jouer la comédie …

Imitation game : du chaos à la zone de confort !

Oui j’ai adoré ce film ! Le sujet du brillant mathématicien incompris et déterminé à triompher d’un défi majeur pour la science mais aussi pour la liberté et la victoire face à l’ennemi nazi, n’y est pas pour rien, c’est clair. Mais au-delà de cet inventeur avant l’heure d’une sorte d’ordinateur, capable de décrypter les messages, il y a le contexte du chaos. Chaos émotionnel pour Alan Turing, personnage hors du temps et des conventions, impertinent et détestable, mais aussi chaos des données transmises chaque jour et qui perdent toute valeur dès le lendemain. Comment lutter contre le temps, comment gagner cette course contre la montre avec une machine qui semble si archaïque ? Comment trouver l’étincelle géniale qui permettra d’extraire d’une conversation a priori banale, la solution au problème insoluble ? Sans dévoiler le film, on peut tout de même penser qu’atteindre une zone de confort n’est pas simple. Ni pour un mathématicien, ni pour des personnages livrés à une période violente et confuse de l’histoire des peuples européens. Nous vivons une époque de …

You find this menacing ? I find it romantic !… Is there Magic in the moonlight ?

Long time ago, while I was supposed to spend my days learning maths on a bench of a french university, I’d rather study Manhattan’s dialogues. How could you possibly watch this movie and not fall in love with Mariel Hemingway ? Yes Woody was far too old for her or is it she was too young for him ? But the question I asked myself (at that time) was how could she really love that guy ? Of course Woody’s story was more about Diane Keaton (at that time) and maybe you rememnber that Woody’s ex was the stunning Meryl Streep (that left him for another woman)… So after he had tried to send Tracy (Mariel) away for the best, he is facing the unespected reality : Tracy: I’ve got to make a plane. Isaac Davis: C’mon, you don’t – c’mon. You don’t, you don’t have to – go. Tracy: Why couldn’t you have brought this up last week? Six months isn’t so long. Not everybody gets corrupted. You have to have a little faith in people. And …

Je veux voir Mommy !

Encre un film dont je ne suis pas ressorti intact ! Un film fort, violent, touchant et passionnant, réalisé par celui qu’on attendait comme le messie : Xavier Dolan, québécois et canadien, réalisateur au-dessus du lot à seulement 25 ans ! Tout est parfait, tout est mis en scène sans aucune retenue ni aucun effet de manche. De l’émotion brute pendant 2h30 ! Des conversations, des situations tendues et même au-delà, des face à face effrayants, rien ne vous sera épargné dans ce film choc. La difficulté à communiquer entre la mère et son fils, le mal-être comme une impossibilité de sortir les mots de sa bouche pour une voisine enseignante, tout est difficile entre eux, et entre eux et nous. Mais le génie du jeune homme ne s’arrête pas à l’efficacité des plans serrés, étouffants, sombres et en même temps sur colorés. Il y a autre chose dans ce film événement… Lorsque la tension est palpable entre les personnages, ce qui est la très grande majeure partie du temps de ce film, l’écran est …

Pourquoi Luc Besson n’a-t-il pas utilisé 10% de son cerveau pour réaliser Lucy ?

Ou même 2% diront certains critiques irrémédiablement déçus par cette nouvelle tentative du réalisateur français le plus déroutant qui soit. Lucy, c’est la première femme de l’humanité nous rappelle-t-il au début du film, dans un plan peut-être un peu long pour des enfants de 5 ans. Lucy, c’est ensuite l’héroïne du film (au moins au début), jouée par Scarlett Johansson, une vraie actrice de talent pour une fois dans sa carrière de cinéaste. Mais Lucy, ne serait-elle pas la vision rêvée de Luc, au féminin ?.. Vous avez dit transfert ? Il y a un vrai sujet passionnant en trame de ce film qui laisse croire pendant environ 30 minutes, que Besson a quelque chose à nous dire, à nous transmettre, comme c’est d’ailleurs sa fonction, son rôle de producteur d’entertainment de qualité et aussi d’être humain. D’ailleurs, cette mission est au coeur du suspense, puisqu’il faudra que Lucy choisisse entre l’immortalité et la reproduction, comme tout être humain qui doit assurer une meilleure vie aux générations suivantes. Nous voilà en pleine réflexion philosophique, et …

Under the skin : film émotionnel de l’année ?

Une ambiance écossaise glaciale pour accueillir sur terre Scarlett Johansson et un voyage dans l’incroyable dureté des relations humaines de notre époque, forment un décor sombre pour le film de Jonathan Glazer, sorti (enfin) sur nos écrans. Ca coupe le souffle, un peu comme une œuvre d’art contemporain qu’on aurait du mal à expliquer et qui pourtant nous bouge intérieurement. Mais faut-il tout expliquer ou tout comprendre ? Chacun se livrera à son interprétation, en laissant derrière lui une posture intellectuelle hors de propos. Il ne s’agit finalement pas forcément de philosophie (la mort prend-elle le dessus sur la vie comme dans une lutte entre le noir et le blanc au coeur de l’hiver écossais, l’homme doté de sa moto est-il supérieur à la femme errant à pied dans la forêt ? le rouge des lèvres de Scarlett et le bleu de ses yeux sont-ils notre dernier espoir ? etc…) mais davantage de la quête impossible d’une relation affective pure. Il s’agit surtout de ressentir ce que vit le personnage principal. Est-ce l’amour que l’alien, magnifié par …

Wish you were her !?…

Avons-nous réellement peur du futur ? Devons-nous être effrayés par la Big Data ? Par l’intelligence artificielle, que certains nous annoncent comme bientôt capable de ressentir des émotions et des sentiments comme nous, les humains ? C’est vrai qu’en allant voir HER, le film de Spike Jonze, on ressent un malaise, comme un doute qui s’immisce dans notre confiance en la sagesse de l’homme et la beauté du progrès scientifique. Est-ce qu’une intelligence artificielle, un OS, pourrait nous aimer, nous comprendre au point de ressentir nos émotions, notre état d’âme, nos désespoirs, nos peurs ? Pourrait-il aussi partager notre amour, nos joies, nos rires au point de nous toucher au fond de notre cœur ?… Alors Samantha s’adapte, lit tous les mails, compile toutes les informations, se personnalise au-delà de ce que le meilleur Data Scientist oserait rêver, et finit très vite par anticiper les moindres gestes, les plus petits désirs de son amant. Elle ira même jusqu’à lui proposer une incarnation physique d’un soir, censée imiter, reproduire à la perfection son identité virtuelle… Hélas, …

Evian : the amazing baby & me 2 ! Emotion sur la toile…

Evian fait danser les bébés depuis longtemps mais cela continue à nous passionner. Pour être plus proche de ses consommateurs, Evian avait imaginé Baby & Me comme une campagne omnicanal permettant à chacun de nous de s’imaginer en bébé surdoué et joueur… Evidemment émotionnel, le regard en arrière vers ce bébé que nous étions, n’est-il pas aussi régressif, symbole d’un vide affectif ou du malaise de la société ?… Peu Importe ! Avec une version Spiderman, Evian nous propose une nouvelle lecture : et si nous étions nous aussi des super héros ? Ou peut-être, cette idée que même les super héros ont commencé par être « an amazing baby » ! Annoncée par un teaser, il y a quelques jours, la vidéo sur Youtube va dépasser le million de vues en 24 heures (ou presque), ce qui donne la mesure d’un fort engouement pour la marque et ses campagnes fun (135 millions de vues pour le premier épisode). Faut-il en conclure que ses clients lui sont plus fidèles ? La démonstration est impossible mais posons plutôt la …

Comme un air de panache…

Wes Anderson est décidément un cinéaste hors du commun, un conteur d’histoires extravagantes autant que touchantes. Monsieur Gustave H nous guide dans un univers à mi-chemin entre le kitch des années 30 et le romantisme poétique de Stefan Zweig. C’est un guide euphorisant, jubilatoire, grand amateur de femmes et de savoir-être. Zéro Mustapha sera son fidèle Lobby Boy et digne héritier, et devra continuer la mission jusqu’au bout avant de partager ce destin incroyable avec un jeune auteur. Magnifique film ! Drôle par ses séquences hommage au muet et par les péripéties sanguinolentes du méchant Jopling (joué par Dafoe), mais aussi extraordinairement romantique par ses décors, et ses personnages perdus dans la beauté en voie de disparition comme l’Europe d’avant le nazisme. Et puis il y a la poésie. Elle n’est pas seulement dans l’image mais comme pour le déjà sublime Moonrise Kingdom, elle est aussi dans les mots. La référence à Stefan Zweig est dans chaque texte qu’adresse et que lit Monsieur Gustave à ses chers collègues, mi sermon, mi note de service spirituelle. …

Quand Nicole nous offre un beau dimanche…

Le constat est là : faire un beau film n’est pas facile ! Nicole Garcia aime et filme bien les hommes. On le savait déjà et quand il s’agit de son fils Pierre, c’est encore plus flagrant. Mais est-elle aussi douce avec sa caméra dès lors qu’elle filme une femme ? Pas sûr ! Un beau dimanche est tout de même un beau film. Emotionnel, tendu par moments et tendre à d’autres. Juste aussi lorsqu’il s’agit de nous montrer combien l’éducation est un enjeu parental crucial, que la vie tourmentée et souvent trop dure des parents, ne respecte guère. L’éducation et non apprentissage, qui lui est d’abord un métier, une mission pour les enseignants même intermittent comme Baptiste dans le film. Est-on victime de ses parents, de leur négligence, de leur aveuglement ? Peut-on choisir, peut-on s’affranchir de leurs rêves projetés ou cachés ? Seront-ils déçus par leurs enfants, comme ils le sont de leurs propres expériences ?… A force de clichés un peu trop appuyés sur les classes sociales et leurs travers, Nicole a-t-elle …