Auteur : Patrice

Sauver la planète, est-ce une raison d’être ? #oupas

Le rapport du GIEC nous donne trois ans pour enclencher un véritable changement de comportements de tous pour réussir à inverser (ou à freiner suffisamment) la dégradation de notre chère terre. Alors oui, il faut y aller ! Mais non, ce n’est pas une raison d’être pour une entreprise dans l’énorme majorité des cas, et encore moins pour celles qui ont été créées au siècle dernier (et avant). Je l’affirme sans te ménager : ton entreprise n’est pas un héros. Point final. Ta marque non plus. En revanche, tes salariés, tes clients, eux, peuvent être ces héros qui sauveront le monde pour peu que tu les aides, tu les inspires ou tu les félicites pour chacune des actions, chaque impact positif qu’ils ont et auront sur le changement profond dont nous avons besoin. Ce n’est pas du tout la même chose. Je m’agite à chaque fois que j’entends un dirigeant communiquer sur la raison d’être en transfigurant son entreprise en héros au service de l’humanité. Soyons clairs : l’entreprise est une communauté d’humains. Eux seuls …

La rencontre 10 ans après ça donne quoi Martin ?

Comment ça Martin ? Oui Buber. Le philosophe de la rencontre avant Charles Pépin, qui d’ailleurs le cite en majeur dans l’introduction de son livre sur ce sujet crucial. Et là, comme un flash, me revient les longues analyses de la rencontre que je proposais à mes étudiants à partir d’une web série rarement égalée (et d’ailleurs primée aux Amy Awards). The Beauty Inside. Un exercice magnifique autour de notre volonté de rencontrer l’inconnu(e) face à la complexité de nos préjugés, de nos perceptions erronées de la personnalité, de l’oubli définitif de la bonne première impression. Alors j’y reviens maintenant, et c’est trop tard. En effet, j’aurais dû échanger sur Buber avec François, au cours d’un podcast sur ce thème qui sera disponible très prochainement (me dit-il). J’aurais dû évoquer à quel point nous souffrons de nos propres interdits, de nos biais cognitifs, de nos exigences extravagantes, de nos passés décevants ou évaporés, au moment de rencontrer l’autre. Sans filtre. Sans attente non plus. Rencontrer c’est aller bien plus loin qu’un échange poli de banalités …

Pourquoi tu cours Marvin ? La diversité comme un engagement #Patagonia

Récemment, j’ai partagé l’un des engagements de cette marque absolument remarquable sur un réseau social et je me suis mis à suivre son compte Twitter Europe. Le début d’une relation plus serrée entre nous. Presque une rencontre défragmentée comme l’expliquerait François (#teasing). Et puis ce matin, je découvre un film produit par Patagonia qui m’emmène outre-manche, suivre le cours du fleuve que je ne connais vraiment qu’à Londres ou à Oxford, la Tamise. Je regarde, j’admire la foulée souple de Marvin Johnson et j’écoute, je suis de bout en bout son récit émouvant. D’abord fasciné par la volonté d’un athlète de dépasser ses propres limites, de se lancer un défi inique et résolument tourné vers l’inconnu, je suis rapidement pris par l’histoire. Cours Forest devient cours Marvin et à la différence du parcours héroïque et fantaisiste de Gump, celui de Johson est autrement symbolique. Il est illustré par des images d’archives qui nous rappellent que l’empire colonial britannique a accueilli de nombreuses communautés venues chercher un confort économique et matériel très loin de leurs pays …

Faut-il encore faire des cadeaux ? #oupas

Curieuse question qui vient percuter une actualité morose mais qui trouve sa source dans la course aux promesses qui tient lieu de débat électoral du moment. Une marque, une entreprise doit-elle offrir des cadeaux à ses clients, à ses employés, à ses partenaires ? A qui d’après-vous ? La semaine dernière lors d’un webinaire organisé par mon ami Alex, nous avons tous les trois (Matthieu était avec nous) offert un cadeau aux participants et même à ceux qui s’étaient inscrits et qui n’auront eu droit qu’au replay. Belle initiative proposée par Alexandre ! Merci ! J’ai proposé un cadeau d’une valeur impalpable, non monétaire, sans doute un peu difficile à appréhender : réécrire le contenu d’un.e participant.e sous la forme d’une histoire. Un article de blog, un post, un scénario de vidéo, peu importe, tout me convient. Tu sais quoi ? J’ai cru que j’étais généreux. Quelle déception ! Si peu de demandes, alors que pendant un instant, j’ai imaginé être submergé de travail. Tu te dis, que j’ai une vision de bisounours, une estime …

Stratégie de marque : une histoire d’hommes ? #oupas

Evidemment réduire l’histoire épique d’un repas entre un fils et un papa à un film de 3 minutes, va faire rire ou pleurer. Elle nous renvoie aux déboires des pères qui se retrouvent confronter à « maman fait pas comme ça » et autres « chez maman on mange des papillons ». Elle nous renvoie à l’image de la séparation, de la désintégration de la cellule familiale dans laquelle chacun à sa place, son rôle et ses prétendus savoir-faire. Alors quand il s’agit de récupérer son gamin pour une soirée ou un week-end entre hommes, le moment du repas est déterminant. Pas forcément parce que c’est là qu’on attend les hommes, mais parce que le lien social entre nous, est, dans notre culture, fortement impacté par les moments autour de la table. Ce soir ça pourrait être un spaghetti bolognaise, parce que la marque qui nous parle ne prend pas le pari de la difficulté culinaire et tient à rester accessible au plus grand nombre. A moins que. Cet exercice de narration autour du manger mieux, est-il déclinable à …

Pan dans le mille ! Comment le marketing en est-il arrivé là ? #podcast

J’aurai pu te proposer tant de sujets de réflexion pour ce millième article sur ce blog ouvert il y a 9 ans. Et puis j’ai tellement aimé le premier épisode de Desfragmentations, ce podcast unique animé et créé par l’excellent François Lamé, que j’ai décidé de te le partager ici. Dans cette première conversation (oui il y en aura d’autres), nous parlons de parcours, d’un voyage dans le marketing que je tente de résumer avec mes mots et que François analyse, illumine avec les siens. Aussi nous revenons ensemble aux origines. A ce temps qui m’a pris par les sentiments et m’a conduit sur les traces des grandes marques, comme pour mieux les connaitre, mieux les défendre aussi dans un univers impitoyable. Alors, lorsque certaines pratiques du marketing m’ont paru outrancières, j’ai fait face. J’ai pris le parti de l’impertinence, celui de l’amour et du profond respect de l’autre, plutôt que ce chemin sans retour vers un marketing des chiffres et de la satisfaction au rabais. François le dit avec ses mots, ce matin dans …

Stratégie marketing : un joyeux anniversaire à tous !

Tu le sais comme moi, les marques aiment te fêter ton anniversaire. C’est une vieille, très vieille technique récupérée par le marketing qui voudrait dire quelque chose de sympa aux clients. Et puis, aujourd’hui c’est l’anniversaire de ce blog ! #ahahah Tu ne t’y attendais pas, tu ne le savais pas, et surtout, tu n’avais absolument pas pensé à lui souhaiter ce jour faste de sa naissance, cet instant purement émotionnel dans le paysage du marketer perdu au milieu des outils. Ne t’inquiète pas ! L’auteur (de blog) que je suis, n’est pas vexé par cet oubli et mieux encore, ne doit qu’à WordPress de se souvenir de ce jour heureux. Pourtant ça fait 999 articles publiés en comptant celui-ci, et, tu t’en doutes, je ne voulais pas louper l’occasion de t’annoncer un article 1000 tout à fait original (tiens d’ailleurs, puiqu’#onenparle, tu n’aurais pas un sujet ?…). C’est dingue non !? En y pensant, les anniversaires nous renvoient toujours à de beau moments. Ils nous donnent une sensation impalpable d’avoir accompli quelque chose. Tiens …

Le marketing est un voyage #4

Et si c’était l’Odyssée ? Et si ce voyage devenait mythique ? Tu te prends à rêver que la destination qui se rapproche sera tellement belle que tu n’auras plus envie de la quitter. Pourtant tu n’as encore rien vu. Rien senti, rien embrassé du regard et de tes bras tannés par le soleil et le sel. Tu respires l’air et quelque chose te laisse imaginer que tu n’es plus si loin… Alors tu penses à ce moment où tu toucheras au but. A cette délivrance d’un poids qui charge ta barque depuis le premier jour, car enfin tu y seras. Ouf ! Sans cet objectif lointain mais séduisant, tu ne serais pas parti, tu le sais. Ou plutôt, le penser te rassure. Déjà tout ce temps que tu voyages et voilà que tu ne sais plus compter les jours. Mais si désormais tu es plus proche de l’arrivée que du départ, alors tu n’as plus le choix et tu vas parvenir à destination. Tu ne doutes plus de cela. Tu t’interroges maintenant sur ce …

La possibilité d’une rencontre, même sur une île #Camus

Je me suis replongé dans Camus. Enfin pas vraiment dans la lecture mais dans le discours qu’il a tenu lors de la remise du prix Nobel qu’il recevait en 1957. Une prise de parle humaniste, humble et engagé dans la cause des écrivains qui n’ont pas la liberté d’être lus par les lecteurs qu’ils aimeraient séduire. Ce soir, on en parlera dans un canapé vidéo faisant écho à une intervention très intéressante de Kamel Daoud à propos de la « robinsonnade », qu’il qualifie de théorie de la rencontre. Si l’on comprend bien qu’il y a urgence à rencontrer lorsqu’on se retrouve échoué sur une île déserte, en est-il de même pour Meursault, bon français vivant en Algérie lorsqu’il se promène sur la plage ? Daoud développe cette vision de la rencontre pour tuer l’autre, pour lui imposer sa culture et sa religion, comme une analyse obscurcie de la colonisation. Toute rencontre aurait pour conséquence la destruction de l’autre, ou son aliénation. Pourquoi ? Qu’en pense le marketer qui vit en toi ? Toute rencontre a-t-elle pour …

Pourrait-on se passer de data pour communiquer ? #oupas

Hier soir le débat a été animé. Hier soir, nous étions à l’écoute de deux spécialistes du numérique et des contenus, à la croisée de l’information et de la communication. Hier soir, nous avons réagi et conversé autour des propos exposés brillamment par David Lacombled et Fabrice Frossard. David est le patron de la Villa Numeris, un think tank, dédié au numérique mais c’est aussi un ancien dirigeant d’Orange, chez qui il a développé différentes plateformes de contenus, du site à la chaine tv. Alors quand il nous rappelle d’où nous venons : »tu te souviens de Netscape ? » et où nous en sommes « peut-on vraiment se passer de Google ? », il évoque à la fois émerveillement nostalgique et acceptation de notre futur. Nous les humains munis de smartphone, nous avons très vite modifié nos habitudes, nos comportements et nous sommes devenus émetteurs de Data en continu. Nous la consommons tout aussi goulument à chaque instant. Ce qui perturbe nos relations sociales, impacte notre vision du monde, quand désormais, nous attendons de tout et de tout …