Tous les articles classés dans : Intuitions

Réflexions et idées

Ces lieux où l’on apprend à faire ensemble

Tu crois naïvement que c’est le lieu qui compte plus que tout. Normal. Tu es venu pour faire tiers-lieux jusqu’à Metz, ville magnifique bercée par la Moselle. Et puis quand tu entres dans cet espace ouvert dans d’anciens entrepôts ou hangars industriels, tu ne vois que des gens. Tu perçois un fourmillement intellectuel, des conversations croisées, une variété de personnages impliquées et accueillants qui te fait vite oublier le décor. Ce ressenti est très fort. Ici, au Blida, se sont réunis pendant 3 jours tous ceux et celles qui se sont engagés dans des projets différents pour une société différente. Depuis 2016, pour les précoces, des lieux qui ré-inventent notre relation à la société, au sens du collectif solidaire et responsable, s’implantent un peu partout en France. Ils sont désormais plus de 2000 à porter ce nom de tiers-lieux. Aide aux démunis, aux victimes de la fracture numérique, facilitateurs de projets, d’initiatives sociales et/ou professionnelles, centres de formation, terres d’accueil et d’une agriculture vertueuse, activités culturelles ou artistiques, le tiers-lieux est multiple et divers. Il …

Les marketers aiment-ils lire ? #oupas

Il y a tant de parcours, de profils différents dans le monde du marketing que je côtoie depuis 30 ans. Il y a tant de choses à lire aussi sur cette « matière » vivante et tellement peu considérée. Que dire du nombre de contenus écrits par les mêmes marketers, un volume si colossal qu’on devrait inventer des usines de retraitement de déchets pour éliminer le surplus. Alors quand Karine nous propose un vidéo d’un TedX récemment enregistré en Belgique, d’un jeune homme bien comme il faut défendant la poésie de la jeunesse, je me demande pourquoi nous avons eu tant de mal à aimer la lecture de romanciers, d’écrivains de théâtre ou d’essais et plus encore de poête ? Est-ce réellement la faute de nos enseignants, de ceux qui nous ont dit de lire tel ou tel texte, de l’apprendre et parfois de le réciter ? J’ai l’impression que le principal écueil que rencontre l’enseignant chargé de nous apprendre à lire les auteurs de la littérature française (mais aussi étrangère) c’est d’avoir un point de vue …

Dis Siri, c’est quoi une histoire ?

Tu peux demander à ton smartphone à la pomme, mais je ne suis pas certain qu’il identifie correctement la Siri en question. Oui dans ce message Siri n’est pas un homme mais bien une femme écrivain. Et l’auteure américaine de nombreux livres passionnants, et notamment de Un été sans les hommes, nous plonge dans son dernier essai dans l’esprit même de la littérature. Ecrire c’est beau, mais pas toujours simple. Ecrire bien, c’est mettre beaucoup de soi dans un texte qui ne prendra vie que sous les yeux et dans le cerveau de ses lecteurs. Fantasme de l’écrivain qui aimerait être lu par certains et pas par n’importe qui… Alors lisons ensemble un peu de Siri : « L’idée reçue est la grande ennemie de la pensée et de la créativité. L’écrivain qui tire son matériau des lieux communs de la culture contemporain est condamné à l’oubli, si célèbre soit-il de son vivant En tant que lecteurs, nous devons garder de ne pas plaquer ces mêmes lieux communs sur les livres que nous lisons. Ils peuvent …

La stratégie du char à voile ou comment faire des likes ?

Depuis le temps que j’écris pour des marques, des dirigeants, et même pour mes lecteurs, j’aurais pu y penser. Tu parles d’une blague de footeux et hop, tu déchaînes la foule des haineux, de ceux qui pensent que seuls des crétins sans cerveau et sans âme peuvent pratiquer ce sport (le premier sur notre planète). Magnifique ! Tu es certain de faire des likes, bien plus que tout article publié sur ce blog et lu par… ok laisse tomber ! Je vais te le dire sans que tu puisses constater à quel point je suis consterné par la facilité et le ridicule provoqués par ce que j’ai pu lire ce matin. D’abord, si tu n’as pas joué au foot sérieusement, tu ne peux pas comprendre ce milieu. Si tu ne connais rien au sport de haut niveau, tu devrais éviter de considérer que ton avis sur le moyen de transport est recevable. La vraie question est la récupération, et figure-toi que le temps est la clé principale sur ce point là. Alors tu cries sans …

La sobriété est-elle le nouveau défi du marketing ? #oupas

Pour une fois le mot est bien français. Sobre, concis, précis. Etre sobre, c’est aussi une éthique de vie. Mais le marketing peut-il adapter ce concept, alors qu’il est par nature exubérant, exagéré, boursouflé par l’emphase du moindre avantage concurrentiel ? Alors si les entreprises doivent devenir sobres, en matière de consommation d’énergie ou d’eau, de matières premières non renouvelables ou recyclables, d’impact sociétal en arrêtant de participer à la sur-consommation générale, doivent-elles aussi réduire, et pourquoi pas supprimer leur budget marketing ? Tu te doutes que je vais te répondre par la négative. Et j’ai forcément envie de te contredire (j’adore cela, tu le sais) ou de te surprendre en nous posant réellement la question. La sobriété serait nécessaire et n’aboutît pas (toujours) à l’abstinence. Tu pourrais réfléchir à éliminer de tes actions toutes celles qui ne sont pas essentielles. La chasse au superflu, tu l’a déjà menée, sous l’angle de la restriction et des arbitrages budgétaires. Mais la question est ailleurs. Désormais, il ne suffira plus de réduire les investissements média, de couper …

Pourquoi j’aime les marques qui ne cochent pas toutes les cases ?

L’amour n’est pas objectif. Autant te le déclarer de but en blanc, Cécile, je suis d’accord avec toi. Il n’y a pas de discussion possible, nous n’aimons toujours pas les mêmes gens ni les mêmes objets. Alors pourquoi devrions-nous aimer les mêmes marques ? Pourtant, depuis que le marketing a pris la mesure du pouvoir du client / du consommateur, les marques se sont rapprochées de lui, et se sont mises à étudier ses comportements, ses goûts, ses préférences. Une étude devenue permanente avec l’arrivée du digitale et de la fameuse Data, qui nous en dit long sur ce que nous aimons, parait-il. Reste alors à peaufiner le parcours, préciser les avantages clés, les points de friction évitables, et à mettre en place les promesses décisives avec une dose d’émotion à faire pleurer un moine tibétain. Le manuel de l’expérience client que nous aimerons à coup sûr, est déjà écrit et lu par tout le monde. Tout va bien se passer. Tu crois ? Le client sort au moment opportun sa check-list et coche les …

Je suis prête à souffrir pour des instants de bonheur #oupas

Lorsqu’elle m’a dit ça. Panne ! Silence embarrassé. Panique dans mon cerveau. Prête à souffrir ? Ne me dis surtout pas que tu aimes ça, mon choux…. C’est quoi ta vision d’une expérience heureuse ? Tu reprends ta respiration, tu essuies cette gouttelette de sueur qui perle sur ton front, et tu réfléchis en marketer émotionnel, pour tenter d’analyser ce bonheur paradoxal (merci Gilles Lipovetsky). Le client est-il prêt à souffrir pour vivre un moment de bonheur avec toi, ta marque, ou ton produit ? Evidemment ! Il se perd sur la toile, courre dans un magasin surabondé, se rue dans le métro pour l’ouverture des soldes, fait la queue pour payer, se rend chez l’épicier sus la pluie pour retourner ce qu’il a commandé en trop, bref, il galère. C’est beau à voir. Vraiment ? C’est intrigant de constater qu’il y a cette nécessité d’une tension pour mieux profiter du rebond extatique qui la suit. Dans nos relations humaines, nous valorisons ces ascenseurs émotionnels en soulignant que notre fidélité, notre résilience, en sortent grandies. …

Le marketing est un voyage épisode #5

Tu sais que cette sensation de revenir au point de départ, est parfois déprimante. Elle peut être comprise également comme l’impérieuse nécessité de se retrouver, de reprendre là où tout avait commencé. Une boucle qui se boucle, un cercle qui se referme. Alors chaque fois qu’un mois se termine, chaque réunion à laquelle tu présentes des résultats, fussent-ils bons, te renvoie vers la ligne de départ. Et maintenant quoi ? Si tu considères le prochain départ comme un nouveau voyage, c’est sans doute que le chemin n’est pas terminé. Avouons-le c’est ce que nous espérons tous. Toujours garder en nous ce désir de repartir. Oui mais serait-il possible que le voyage nous conduise là où nous étions il y a longtemps, déjà ? Je n’évoque pas ici simplement une destination, un lieu, comme cette école fréquentée en tant qu’étudiant, cette entreprise où nous avions débuté et qui nous accueille désormais comme un consultant ou un conférencier. Je pense au voyage intérieur. Celui qui te donne gout à la prise de parole dans un podcast, alors …

Quand tu me parles des cigales, j’ai les abeilles

Il fait beau, il fait chaud, et c’est reparti pour un déferlement de campagnes qui nous vantent la mélodie provençale. Oui ça sifflote sur les vélos, oui ça picole à l’ombre des platanes, oui ça gesticule dans le potager. Et alors ? Pourquoi le marketing s’est-il emparé des allégories au Sud (de la France) pour nous séduire, dès l’été venu ? Existe-t-il une attirance irrépressible de nos compatriotes pour les saveurs méditerranéennes, les couleurs chatoyantes, et les fruits gorgés de soleil ? Karine me pose la question. Un marketing sensoriel spécial Ugolin à la recherche du parfum de Manon dans le grenier de son papet, tu crois que ça fonctionne ? Faut-il que nous soyons facilement influencés par notre mémoire sensorielle pour nous laisser aller à des choix de produit affichant une origine provençale, pour ne pas dire occitane ? Est-ce une question de souvenirs de vacances ou d’histoires racontées au château de ma mère ou conscrites dans les lettres de mon moulin ? Nous jouons avec l’expérience enregistrée pour qu’elle revienne à la surface …

La philosophie du marketing saison 5 #Tadikoi

C’est tombé ce matin sur les tables, cette année en philo il faudra savoir parler d’art. Quelle est la place des pratiques artistiques dans la transformation du monde ? ou plus officiellement : «Les pratiques artistiques transforment-elles le monde ?». J’aurais dû interroger le plasticien Marc avant de me lancer dans cet exercice bille en tête. J’aurais mieux fait des réviser mes cours, si seulement j’avais un jour pris des notes sur la philosophie. Et puis l’art, c’est déjà tellement compliqué d’en parler. Pourtant, en marketing aussi, il y a des artistes. C’est en tout cas ma conviction depuis longtemps et je suis en cela l’avis de Seth Godin (par exemple) qui conseille à tout marketer de pratiquer sa discipline comme un artiste. C’est, selon lui, la seule manière d’avoir un impact. Au moment où la jeunesse planche sur un sujet difficile, je suis dubitatif sur sa capacité à prendre la mesure de l’immense défi proposé aux artistes : changer le monde (en mieux). Est-ce simplement possible ? La jeunesse est déjà loin des préoccupations d’un …